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Propos déconcertants
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Comment le président a-t-il pu lire un tel discours ? C?est la question qui se pose après que l?on a fait lire au président, hier, un discours incongru, voire paradoxal. Il a dû être le premier embarrassé par ce texte écrit sans doute par ses services officiels et qu?il a lu à l?occasion d?une réception qu?il a offerte en l?honneur des lauréats de 2007.
Citons textuellement les propos déconcertants d?Anerood Jugnauth : «I must congratulate the Prime minister and the Minister of Education and Human Resources for their relentless battle for a World Class Education?In the past, we could expect laureates from certain colleges only. Today we see that with the reforms undertaken by Government, laureates have emerged from non-traditional colleges, like St. Andrews and Loreto Convent, Quatre Bornes and slowly and steadily other colleges will add their names to the list»
Tout d?abord, ce sont les responsables du collège Lorette de Quatre-Bornes qui devront s?étonner du commentaire fait par le président. Ce prestigieux établissement, considéré comme le meilleur collège privé pour filles, a traditionnellement surclassé tous les autres de sa catégorie. Or, le président affirme que c?est grâce aux réformes de 2006 qu?une de ses élèves a pu figurer au palmarès des lauréats !
Sur le fond, il y a dans la démarche du président une incohérence qui saute aux yeux. Anerood Jugnauth a félicité les deux architectes d?une contre-réforme qui s?inspire d?un principe opposé à la réforme qu?il avait, lui, pilotée en tant que Premier ministre en 2002. Navin Ramgoolam et Dharam Gokhool ont une vision élitiste de l'éducation tandis que l?ancien gouvernement, avec SAJ à sa tête, prônait la démocratisation de l?enseignement. Les nouveaux dirigeants ont abrogé la réforme appliquée sous SAJ, et ce dernier les félicite?
On peut ne pas être d?accord avec Navin Ramgoolam, mais il faut reconnaître qu?il y a une constance dans ses discours. Il a défendu, avant et après les législatives, ses thèses en faveur des collèges d?élite, pas des «petits collèges». Déjà, le 12 décembre 2004, à une réunion organisée par l?«All Rajput Congress» à Triolet, il annonçait son intention de promouvoir la politique de l?élitisme pour que les collèges Royal et Queen Elizabeth «obtiennent de nouveau leurs lettres de noblesse». Plus récemment, le 23 août 2006, à Plaine-Magnien, le Premier ministre expliquait qu?un de ses objectifs était de restituer aux collèges de l?élite la place prépondérante qu?ils occupaient auparavant. Parlant de Seewoosagur Ramgoolam et de Dayendranath Burrenchobay, il s?est interrogé : «S?ils avaient dû aller dans des écoles de leurs villages, auraient-ils atteint des sommets ?»
Anerood Jugnauth a dit hier que la construction de «several state secondary schools» a garanti l?accès à un enseignement de qualité. Cependant, il n?a pas précisé que c?est lui qui était Premier ministre quand la mesure a été appliquée. Serait-ce vraiment de la modestie ?
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