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Projet d?ouverture

16 février 2005, 00:00

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Les propositions du Joint Economic Council (JEC) dans le cadre des consultations pré-budgétaires dessinent les contours d?un nouveau paradigme économique. Les moteurs de croissance tirés par les marchés protégés sont arrivés au bout de souffle. Des efforts de lobbying ici et là parviendront à maintenir les filets de protection pendant quelques années encore. Mais les forces intrinsèques des piliers traditionnels dont le sucre et le textile-habillement s?estomperont sous la pression de la concurrence internationale.

Maurice aura à bâtir de nouvelles forces pour se moderniser et assurer un meilleur niveau de vie à sa population. Faire du pays une économie de services à valeur ajoutée est une des idées-phares de cette nouvelle orientation. Les services financiers, les divers types de BPO (?business process outsourcing?), le développement des logiciels et des applications multimédias sont autant de nouvelles activités à forte intensité de technologie qui vont faire de la transformation projetée, une réalité.

Cette mutation ne peut s?opérer que dans certaines conditions. D?abord, l?appareil institutionnel et juridique a besoin d?un réel dépoussiérage. Les lois du travail, les procédures de certification, les politiques de compétition, l?accès aux capitaux, le système de taxation et le cadre d?accompagnement et de support sont des candidats à une réforme urgente.

Le projet économique du JEC met beaucoup d?accent sur le ?supply-side? de l?économie. Il faut plus d?opportunités d?affaires pour augmenter les capacités industrielles du pays. Le climat d?investissement devra favoriser un maximum sources de création de la richesse au lieu de se concentrer sur quelques grosses locomotives tels le textile-habillement et le tourisme.

Les petites et moyennes entreprises (PME) locales et même étrangères auront un rôle très important dans cette nouvelle configuration. Les sources de croissance seront multiples et elles seront de petite taille. Le système d?incitations à l?investissement qui était centré autour de la notion des secteurs a fait son temps. Il faut dorénavant une plate-forme de soutien commune où tous les opérateurs peuvent se retrouver.

Le secteur privé s?attend que le prochain Budget prenne en compte cette attente de rationalisation des plans d?accompagnement. Les disparités entre les différentes industries répondaient à certains impératifs de développement industriel à un moment donné. Les données ont beaucoup évolué, les inégalités ne feront que bloquer davantage l?initiative entrepreneuriale.

Outre la réforme de l?appareil institutionnel, le pays doit aussi miser sur une nécessaire ouverture : celle d?attirer les technologies et les compétences dont nous ne disposons pas encore pour effectuer le passage vers une ?high income economy?.

Un premier pas vers cette libéralisation tant prônée sera de revoir le système du fisc. Les droits de douane font obstacle à l?activité économique. Un programme d?élimination graduelle des ?customs duties? peut à lui seul faire émerger toute une nouvelle activité de shopping de luxe.

Les vêtements haut de gamme peuvent montrer la voie. Le marché des touristes représente déjà un potentiel peu exploité du point de vue des produits locaux. Le shopping de luxe illustre ce type de créneau dit ?inter linkage? entre deux secteurs d?activité a priori distinctes. Désormais, les nouvelles activités qui vont prendre forme seront celles qui respectent peu les définitions institutionnelles.

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