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Production laitière : les éleveurs réclament plus de considération
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Production laitière : les éleveurs réclament plus de considération
«Si le gouvernement traînait moins les pieds quand il s?agit de nous venir en aide, je suis persuadé que nous ferions beaucoup mieux», souffle Jean-François Michael Valère. Membre de la Cow Breeders Cooperative Society Ltd de Nouvelle-Découverte, cet éleveur de bétail, ne recule pourtant pas devant les difficultés quo- tidiennes de son métier. Le travail ne lui fait pas peur. Ni à lui, ni à aucun des membres de cette coopérative de la région de St-Pierre. Malgré tout, ils font de leur mieux pour satisfaire une partie de la demande en lait. Mais les difficultés d?accès au crédit constituent l?une des principales entraves au développement de la production laitière.
«Le crédit est devenu trop cher pour nous. La Development Bank of Mauritius (DBM), à la fin des années 90, percevait 3 % d?intérêt annuel sur les prêts qu?elle nous consentait. Aujourd?hui, les choses ont bien changé. Après être passé à 8 %, le taux d?intérêt de la DBM est actuellement de 14 % pour les demandes de crédit au-delà de Rs 1 000 000», affirme Jean-François Michael Valère.
Mais il reconnaît toutefois que l?aide du gouvernement a été primordiale dans la construction de la route goudronnée menant à la ferme, ainsi que pour l?installation d?une pompe à eau et les adductions nécessaires. Pour la réalisation de ces infrastructures, d?un coût total de quatre millions de roupies, l?Union européenne a contribué 75 % du total des fonds, à travers son Decentralised Cooperation Programme. La coopérative a apporté Rs 100 000 et le gouvernement, le reste, soit Rs 900 000. «En outre, le gouvernement nous a promis une subvention de Rs 15 000 par tête d?animal pour un montant maximal de Rs 300 000 par éleveur», explique l?éleveur.
«En demandant aux éleveurs un taux d?intérêt aussi prohibitif, le gouvernement démontre le peu d?intérêt qu?il accorde à la sécurité alimentaire qu?il prône lui-même à cor et à cri.»
Selon Prakash Buckhory, le trésorier de la coopérative, le taux d?intérêt exorbitant de la DBM est peu incitatif. «En demandant aux éleveurs un taux d?intérêt aussi prohibitif, le gouvernement démontre le peu d?intérêt qu?il accorde à la sécurité alimentaire qu?il prône lui-même à cor et à cri.»
«Nous nous accrochons»
Mariann Fischer-Boel, la commissaire européenne à l?Agriculture, est du même avis. Cette femme, épouse de fermier, comprend très bien les revers de ces éleveurs. «Maurice doit produire plus de lait s?il veut faire face à sa forte demande. Partout au monde, le prix de cette denrée à littéralement explosé. La production de lait est une activité d?avenir. En fixant un taux d?intérêt aussi élevé, les autorités montrent ainsi qu?elles ne croient pas beaucoup, elles-mêmes, en ce programme.»
Pour Dhaywantee Mungrah, la présidente de la société coopérative des éleveurs de vache laitière, «malgré les difficultés rencontrées au quotidien, nous nous accrochons. Nous espérons que l?UE prendra en compte nos besoins et nous aidera à nous en sortir».
Interpellée sur la question du taux d?intérêt, la DBM est formelle. «Nous avons été les premiers surpris par cette information. Le taux d?intérêt à la DBM est 12,5 %, et non 14 % comme on le prétend.»
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