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Prix des fast-foods : une augmentation dure à avaler
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Prix des fast-foods : une augmentation dure à avaler
À qui profite la hausse des prix de la farine et du pain ? La réponse est évidente : aux marchands de fast-foods ! Deux jours après l?annonce de l?augmentation de la farine et du pain, les marchands de la capitale ont revu leurs prix à la hausse. Au grand dam des milliers de consommateurs qui achètent régulièrement ces aliments, faute de mieux.
Pourtant, le prix du gaz ménager a baissé de Rs 10, la livre de farine n?est que de 40 sous plus chère, et le prix de l?huile n?a pas bougé d?un iota. N?empêche que le prix des dholl-puri et des faratas a pris l?ascenseur à Curepipe le lendemain de l?annonce des majorations. Les marchands les vendent désormais à Rs 6 au lieu de Rs 5. Le calcul est simple. Si l?augmentation avait été répercutée telle quelle, le prix de la paire de dholl-puri aurait dû être de 7 sous plus cher. Mais les marchands ont décidé d?augmenter leur produit d?une roupie, ce qui implique qu?ils sont en train de faire un profit supplémentaire de? 93 sous.
« Ki pou manzer ? »
Le cas des pains frits est similaire. Vendus auparavant une roupie, ils coûtent désormais Rs 1,50. Et rien ne justifie cette hausse. Le pain utilisé est souvent rassis, et il y a très peu de farine qui entre dans la composition de ce beignet. Parfois même, les marchands ajoutent du besan ? une farine à base de pois sec ? à la pâte à frire. « Aucune raison ne justifie cette hausse. Mais comme ce sont des produits non contrôlés, nous ne pouvons pas intervenir », soutient un officier de la Consumer Protection Unit du ministère du Commerce.
La flambée des prix a aussi atteint la capitale. Désormais, il faut compter entre Rs 25 et Rs 30 pour un kébab, et Rs 4 pour une merveille (galette croquante). Même si la hausse se situe dans une fourchette de 50 sous à Rs 5, en fonction de ce que l?on achète, elle est dure à avaler pour des personnes à revenus modestes.
« Mo trouve sa terrib ! Ki pou manzer aster ? », proteste Daisy Marie, une femme de ménage dans un bureau de la capitale. Avec un salaire de base de Rs 3 000, trois enfants à nourrir, c?est à peine si elle parvient à joindre les deux bouts à la fin du mois. Alors on comprend qu?une nouvelle hausse de prix est loin de lui faire plaisir.
« Tout vine prétexte pou augmente prix », estime, quant à lui, un employé d?une entreprise privée. Il ne croit pas si bien dire. Pour justifier cette hausse, les marchands ne sont pas à court d?idées. « Di pain ine monter. Salade bien cher, pas pé gagner même lacoze lapli », affirme Wakil Goolgar vendeur de kébabs, rue Dumat à Port-Louis. Quelques mètres plus loin, à côté de la place des taxis de la gare Victoria, le kébab se vend? Rs 5 plus cher !
Hausses abusives
Ackbal Pheeringee, le vendeur affirme devoir augmenter les prix à son corps défendant. « Ki pou fer mo pas content même monte prix mais fine oblizé », dit-il la mine désolée. Il explique que le prix du poulet a enregistré une hausse de Rs 4 la livre et que le prix du chou qui entre dans la préparation du kébab a pratiquement doublé ces derniers mois. Va pour le kébab. Les merveilles ne sont pas en reste. Elles ont connu une hausse de 50 sous. « Ou conné sac plastique cher, ek en plisse la farine ek pomme d?amour tout ine monter? » soutient la marchande.
Que faire devant ces hausses abusives ? Le consommateur n?a pas d?autre recours que de résister et d?éviter d?acheter ces produits. Parfois cela marche. Fanfan, un marchand de pains frits de la gare Victoria, a dû revoir ses beignets à la baisse. Il avait augmenté le prix de 25 sous dimanche dernier. « Mo fine bisin rébaisse prix parski tout gato fine rester? » Comme quoi, refuser d?acheter plus cher donne parfois des résultats.
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