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Pris de remords,le violeur se suicide
«Pa bizin bate moi. Mone fini boir poison », suppliait Jean-Eddy Morphoise, un récidiviste notoire, alors qu?il subissait un véritable passage à tabac de la part d?une cinquantaine d?hommes déchaînés. Ces derniers, qui s?étaient lancés à sa recherche, l?avaient finalement intercepté au carrefour de Belle-Vue-Phare, le jour suivant le viol d?une petite fille de 13 ans à Albion. Les témoins qui ont assisté à la scène, ont entendu Jean Eddy crier, comme pour demander pardon : « Mo fine gagne selman enn tantasion. » Mais malgré ses supplications, ses agresseurs ont continué de plus belle.
Heureusement, l?arrivée de la police a mis fin à leur folie. Mais les policiers ont alors constaté que Morphoise était très mal en point. D?ailleurs, au moment où il allait être placé à l?intérieur de la voiture de police, il a commencé à vomir un liquide verdâtre. Le poison avait commencé à faire son effet.
Le blessé a été amené au poste de police d?Albion et là, on s?est rendu compte que son état avait empiré. Il a donc été transféré d?urgence à l?hôpital Victoria et placé sous surveillance policière. Mais malgré les soins qui lui ont été prodigués, son état de santé s?est dégradé et il a rendu l?âme jeudi, à 4 h 25 du matin. L?examen post-mortem a révélé que la mort était due à un ?dème pulmonaire provoqué par l?absorption de poison.
Mais que s?est il passé le jour du viol ? Nos recoupements ont permis d?établir ce qui suit. Mardi vers 15 h 50, Jean-Eddy annonce à Roshni, sa concubine, qu?il va déposer Dya à ses cours particuliers, plus tôt que d?habitude, à Albion. « Profeser finn dir moi vine kitt li katrer parski li (professeur) pou bizin sorti », explique-t-il à Roshni. Il enfourche sa moto et prend la jeune fille avec lui.
Mais ce jour-là, il n?ira pas à Albion. Il emprunte un sentier à l?intérieur d?un champ de cannes, puis éteint le moteur et invite Dya à descendre. Cette dernière ne semble se douter de rien et obéit. Bien que l?endroit soit désert, Jean-Eddy place sa main sur sa bouche pour l?empêcher de crier. Et ensuite, il aurait abusé d?elle sexuellement.
À la cité Marcel Cabon, Roshni, la mère de la petite Dya, est surprise de constater que sa fille n?est pas encore rentrée alors qu?elle aurait du être déjà là depuis 19 heures. Elle demande à sa belle-soeur de l?accompagner chez le professeur de sa fille à Albion.
En arrivant chez ce dernier, les deux femmes apprennent avec stupéfaction que Dya ne s?est jamais présentée. Affolée, Roshni décide d?aller rapporter le cas au poste de police de la localité. Le sergent Emamdy, assisté du caporal Veeranah, commence les recherches.
La folie l?a emporté sur la raison
À 22 heures, ce même mardi, Jean- Eddy dépose la jeune fille tout près du pont de Camp-Créole, soit à 200 mètres de leur domicile. Il menace sa belle-fille et lui impose le silence : « Dir to mama ki to finn tombe depi motosiklet. » Puis il s?en va.
Dya, sous le choc, rentre seule chez elle et en chemin, croise son oncle qui habite lui aussi la cité. L?oncle, qui avait appris la disparition de sa nièce, est soulagé de la voir. Mais la mine de la petite fille lui permet de soupçonner que quelque chose de grave s?est produit.
Il lui demande ce qui s?est passé, mais la fillette au lieu de répondre ne cesse de se plaindre : « Kot mo mama ? »
Il accompagne Dya chez elle où Roshni et tous les autres présents ne tarderont pas à comprendre ce qui s?est passé, l?absence du concubin étant plus qu?un aveu.
Celui-ci rongé, paraît-il, par le remords était parti se réfugier chez un de ses amis, un habitant de Camp-Créole et c?est alors qu?il a décidé de commettre un l?irréparable.
Jean-Eddy et Roshni vivaient ensemble depuis 1999 et ont deux filles âgées de deux et cinq ans. Dya, quant à elle, habitait chez sa tante à Quartier-Militaire avant de venir chez sa mère en novembre 2005. Jean-Eddy la considérait comme sa propre fille et se chargeait lui-même d?aller la conduire chez son professeur de leçons particulières à Albion. Mais mardi dernier, tout a basculé lorsque la folie l?a emporté sur la raison.
N. A.
Suspect dans l?affaire Dantier
Jean-Eddy Morphoise avait déjà été interrogé en 2003 par la CID concernant l?agression mortelle de Nadine Dantier. Jean-Eddy, qui était considéré comme un suspect potentiel à cause de son lourd casier judiciaire, avait nié être impliqué dans le meurtre de la jeune étudiante qui habitait à l?avenue Dauphin. Notons que Morphoise habitait à la cité Marcel Cabon, soit à 50 mètres du domicile de Marcelin Azie. Jean-Eddy avait été soumis à un test ADN qui s?est avéré négatif.
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