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Priez pour eux
Parce qu?il aligne des techniciens d?une qualité incontestable, des artistes connus et reconnus capables d?enflammer le jeu, le Portugal était considéré, par plusieurs, nous y compris, comme l?un des principaux favoris de l?Euro 2004. Mais la défaite concédée samedi soir, au stade do Dragao de Porto, face à une étonnante et vaillante équipe de Grèce, a logiquement contribué à faire naître des doutes.
Aussi, une question est aujourd?hui sur toutes les lèvres. Le Portugal se remettra-t-il d?une pareille désillusion ? Les amateurs du beau jeu l?espèrent. De Lisbonne à Porto, en passant par Faro, Leira, Coimbra, Braga et Guimaraes, les principales villes d?un pays qui a placé sa destinée dans les mains de Dieu, on a allumé des cierges.
C?est qu?une élimination précoce des Brésiliens de l?Europe, au-delà d?être préjudiciable au tournoi lui-même, serait perçue comme une véritable tragédie nationale. Pour cause, c?est un pays qui chérit le football depuis ses premières heures ; un pays qui n?a eu de cesse, depuis Coluna et Eusébio dans les années 60, d?être l?apôtre du beau jeu; un pays par ailleurs étonnamment vierge de succès et qui, somme toute, mériterait d?être enfin récompensé pour l?ensemble de son oeuvre.
Oui ou non, le Portugal se remettra-t-il dans le sens de la marche ou alors, comme la France en 2002, prendra-t-il la porte de sortie avant d?avoir vraiment entamé son tournoi ? Il est fort à parier que la question restera posée jusqu?à mercredi et le match contre la Russie, match que le Portugal a déjà entamé, du moins dans la tête.
Ce qui est vrai, c?est que la Selecao, l?autre Selecao, a perdu une bataille, mais pas la guerre. Du moins pas encore. Avouons toutefois qu?elle s?est vachement et drôlement compliqué la vie. Perdre contre la Grèce, ce n?était pas prévu.
Bourré de bonnes intentions, le Portugal a énormément péché dans la construction, se contentant, pendant l?essentiel de la première mi-temps, de contrer une équipe de Grèce qui n?en demandait pas mieux.
Luis Felipe Scolari, sélectionneur brésilien dont on a du mal à penser qu?il fera de vieux os en terre portugaise, a brillamment résumé les données du problème. ?Dans une grande compétition, on a droit à une seule erreur. On a déjà grillé notre joker.? Ce joker, Scolari souhaitait éventuellement l?utiliser contre l?Espagne, sur papier, l?adversaire le plus solide du groupe. Il est mal barré. Contre le voisin ibérique, Scolari a désormais une obligation de résultats.
Le technicien brésilien a affiché samedi des limites inquiétantes dans la gestion de son groupe et ses capacités à exploiter pleinement les ressources dont il dispose. Voilà qui nous place dans la même lignée que certains de nos confrères brésiliens, lesquels avaient conclu, en 2002, que c?est Ronaldo et les siens qui avaient mené Scolari au titre et non l?inverse.
S?il fallait isoler une des nombreuses erreurs de Scolari, nous nous contenterons de ne pas comprendre comment un joueur de la dimension de Cristiano Ronaldo a passé toute la première période sur le banc du Dragao à regarder jouer son compatriote Simao, lequel est deux fois moins rapide, deux fois moins percutant, deux fois moins doué que le jeune Mancunien.
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