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Pression sur Londres pour rendre les Chagos
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Pression sur Londres pour rendre les Chagos
MAURICE a choisi la voie du ? dialogue? et non celle de l?affrontement pour récupérer les Chagos. Mais elle entend bien utiliser la carte maîtresse qu?elle a dans ses manches depuis qu?un cabinet de juristes a affirmé que cet archipel avait été illégalement excisé de notre territoire. Le gouvernement l?a fait savoir au Premier ministre britannique, Tony Blair, hier par l?entremise de son représentant, le haut-commissaire David Snoxell.
Recevant le diplomate, le Premier ministre, Paul Bérenger, l?a prié de transmettre à Londres la teneur de l?avis légal reçu au sujet des Chagos. Les juristes britanniques estiment que le dossier de Maurice est ?solide? et prônent la méthode forte pour faire triompher le droit. Ils proposent le recours aux Nations unies ou à la Cour internationale de justice. Toutefois, pour ne pas perturber nos relations avec la Grande-Bretagne, Maurice a opté pour une position médiane. Elle n?insistera pas sur Diego, pour l?instant, mais ne transigera pas sur la souveraineté sur les autres îles des Chagos.
En ce qu?il s?agit de l?île principale, le gouvernement ?agrees to disagree? avec les Britanniques. Pourtant, les experts légaux assurent que notre droit de souveraineté est applicable à l?ensemble des îles.
Sollicité pour un commentaire hier soir, le Premier ministre a seulement voulu déclarer qu?il y a un ?movement forward? sur la question des Chagos et que la solution proviendra du dialogue qui s?enclenche entre deux ?friendly countries?.
En fait, l?avis légal ne modifie pas la position mauricienne mais donne plus de poids à notre revendication. Depuis le jugement rendu par la Haute Cour britannique le 3 novembre 2000, Maurice s?est montrée disposée à renoncer provisoirement à revendiquer la souveraineté sur Diego. Ce jugement a invalidé l?article 4 de l?Immigration Ordinance de 1971 qui interdisait aux autochtones de vivre dans leur archipel. Il leur a restitué le droit de vivre dans l?archipel des Chagos, sauf dans l?île principale de Diego Garcia.
Le bail américain expire en 2016
Le détachement de cet archipel du territoire mauricien par la Grande-Bretagne en novembre 1965 est considéré comme nul et non avenu par de nombreux experts en droit international. Un décret royal avait alors institué la British Indian Ocean Territory, une entité regroupant des îles ayant appartenu à Maurice et aux Seychelles. Or, le démembrement d?un pays avant son indépendance par le pouvoir colonial est une violation de la Déclaration 1514 des Nations unies de décembre 1960 et de la Résolution 2066 de décembre 1965. A une conférence du Mouvement des non-alignés qui s?est tenue à New Delhi en 1983, plus de 101 Etats avaient reconnu la souveraineté de Maurice sur Diego.
Un bail octroyé aux Américains couvre l?ensemble des 65 îles de l?archipel des Chagos. Il est d?une durée de 50 ans renouvelable. Le présent bail expire en 2016. L?exception faite pour Diego s?explique par le fait que les Etats-Unis ont installé une base militaire sur cette île depuis 1973.
Pour l?heure, deux autres îles, Salomon et Peros Banhos, sont habitables mais elles ne possèdent pas des infrastructures suffisantes pour des conditions de vie acceptables. N?empêche , Maurice est bien déterminée à aller jusqu?au bout pour arracher le chapelet d?îles qui lui a appartenu.
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