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Prendre un sportif par la main?

25 novembre 2007, 00:00

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Depuis l?annonce de la nouvelle grille de la High Level Sports Unit (HLSU), l?athlétisme mauricien nage en pleine incompréhension. Les choix de cette nouvelle grille ? diminution de l?allocation ou tout simplement sa suppression ? restent incompris. En effet, dans certains cas, il n?y a aucune logique qui puisse venir soutenir des décisions aussi drastiques.

L?essence même de la HLSU est de soutenir, d?apporter les éléments qui permettront à l?athlète d?atteindre le plus haut niveau continental voire mondial. Cela se résume en un mot : accompagnement. Toutefois, on a l?amère impression que la HLSU s?éloigne profondément de sa philosophie première, de sa raison d?être? On a, hélas, l?impression que la HLSU n?est plus à l?écoute des sportifs, et surtout qu?elle n?est pas consciente des réalités du haut niveau.

Des impressions motivées, entre autres, par les incohérences qui existent au niveau des critères d?éligibilité pour une bourse de haut niveau. On parle là de l?athlétisme. La chose qui frappe d?entrée ? et pas des moindres ?, est que les World Rankings de l?International Association of Athletics Federations (IAAF) ont été abolis voilà plusieurs mois. Pourtant cet élément reste l?un des piliers des critères d?éligibilité pour le niveau mondial et intercontinental de la HLSU. Il ne reste plus que la Top List, mais cela n?a absolument rien à voir avec les World Rankings.

D?autres exemples viennent malheureusement alimenter l?incompréhension des athlètes et, par la même occasion, la polémique.

Comment se fait-il que Christophe du Mée, qui a amélioré son record personnel sur 110m haies quasiment à chaque sortie durant l?année écoulée, ne figure plus sur la liste des boursiers ? Comment se fait-il que Yolène Raffin qui a réalisé une performance la rendant éligible à une bourse ait été ignorée? Comment expliquer qu?Alberto Mondré à qui il ne manque qu?une fraction de points pour être éligible ait vu sa bourse supprimée ? Où est donc la logique ?

A bien y réfléchir, il semblerait que seules les performances réalisées aux Jeux des îles de l?océan Indien aient été prises en considération. Le reste de la saison aurait été oublié. Mais là, est-ce la faute à la HLSU ou à l?Athletics Mauritius ?

Quoi qu?il en soit, il est certain qu?il n?y a aucune maîtrise quant à la mise en place de la liste des boursiers. Il est évident qu?il n?y a pas eu de suivi des performances respectives des athlètes sur l?ensemble de la saison.

Pire, comment est-il possible qu?à moins d?une année des Jeux olympiques on puisse réduire drastiquement la bourse d?un sportif qui se prépare pour cette échéance ? En effet, Stéphan Buckland a vu sa bourse passer de Rs 20 000 à Rs 8 000. Victime d?une blessure au courant de l?année, Stéphan Buckland a été contraint de s?éloigner des compétitions pour se soigner.

Hélas, il semble que nos chers dirigeants ont la mémoire courte. Alors, une petite piqûre de rappel s?impose. En 2002, lors des demi-finales du demi-tour de piste à Manchester pour les Jeux du Commonwealth, Stéphan Buckland est victime d?une blessure à la jambe. La saison s?arrête subitement pour lui et avec cet arrêt s?envolent les rêves de médailles. La critique devient hâtivement facile? Pourtant, un an après, aux Mondiaux de Paris, il réalise le meilleur temps des qualifications (20.13) et se voit propulser comme favori de la finale où il finira à la sixième place. Comme quoi, une saison détruite à cause d?une blessure peut en cacher une autre, faste, l?année d?après. On le sait tous, une carrière de sportif de haut niveau est indéniablement fait en dents de scie.

Quel grand sportif international, toutes disciplines confondues, n?a jamais connu la blessure ? Lorsque vous êtes Français, Américain, Allemand, Canadien et j?en passe, il existe un suivi, il y a des encouragements. On s?inquiète et on s?assure que le sportif guérisse au plus vite.

C?est justement dans ces moments difficiles qu?on a le plus besoin d?attention, de considération et de soutien afin de franchir ce difficile cap psychologique et physique. Bref, le soutien est permanent jusqu?au moment de la retraite. Chose que n?a pas eue Stéphan Buckland. A Maurice, on oublie que l?accompagnement du sportif ne se limite pas aux seuls moments de gloire. Cela concerne aussi les moments difficiles. C?est cela même, le véritable accompagnement du sportif. C?est cela que de prendre un sportif par la main et le mener vers les sommets.

Mais non, chez nous, on lui réduit sa bourse? Bel encouragement ! L?ironie reste que, sans aide aucune versée pour sa préparation, on exige de lui que ses objectifs restent les mêmes que lorsqu?il percevait la bourse? C?est à n?y rien comprendre. A Maurice, on n?encourage pas : on sanctionne ! Pire, on sanctionne, sans même juger nécessaire d?en expliquer le motif ! On a beau chercher, il est franchement impossible de comprendre cette attitude?

Ce qui pousse d?ailleurs à cette réflexion : courtisé par d?autres nations, il y a quelques années, Stéphan Buckland a fait le choix de rester fidèle à sa mère patrie? Aujourd?hui, vu la tournure des événements, il a de sérieuses raisons de regretter ce choix ! Et c?est vraiment dommage?

En conclusion, on se rend compte, hélas, que la HLSU n?est finalement qu?un facilitateur qui remet une somme d?argent sur une base mensuelle aux sportifs. A part ça, que fait la HLSU pour aider les sportifs dans leur quête du haut niveau ? Nous connaissons tous la réponse...

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