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Première élection présidentielle directe lundi

2 juillet 2004, 20:00

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Les Indonésiens se rendront aux urnes lundi pour élire pour la première fois au suffrage universel direct leur président dans un pays en proie aux troubles et en première ligne de la «guerre contre le terrorisme».

Cette élection referme six années de transition vers la démocratie après le départ forcé de Suharto en 1998, une période marquée par le chaos politique, la crise économique et des attentats revendiqués par des islamistes liés au réseau Al Qaïda.

De nombreux Indonésiens espèrent que l?ancien ministre de la Sécurité, Susilo Bambang Yudhoyono, en tête des sondages, permettra au pays de se relever.

«Cette élection directe du président est la clef de voûte d?une véritable démocratie présidentielle. C?est un événement énorme», souligne William Liddle, spécialiste de l?Indonésie à l?université américaine de l?Ohio et observateur du scrutin.

«Les Indonésiens veulent un leader fort mais ils le font d?une manière démocratique», ajoute-t-il.

Yudhoyono a promis une présidence forte, s?engageant à lutter contre le chômage, à combattre le terrorisme et à nommer un gouvernement débarrassé de la corruption.

PROBABLE SECOND TOUR EN SEPTEMBRE

Plus de 150 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales à travers l?immense archipel indonésien. Avec 220 millions d?habitants répartis sur 17.000 îles, l?Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé au monde.

La police devrait être placée en état d?alerte élevée, et plusieurs dizaines de milliers de policiers seront déployés pour assurer la sécurité de ce scrutin historique (les présidents indonésiens étaient jusqu?à présent désignés par un collège parlementaire).

D?après les sondages, Yudhoyono obtiendrait entre 40 et 45% des voix, largement devant la présidente sortante, Megawati Sukarnoputri, et les deux autres candidats d?importance, l?ancien commandant Wiranto et le dirigeant musulman Amien Rais.

Si aucun candidat ne franchit la barre des 50% des suffrages, un deuxième tour opposera le 20 septembre les deux premiers candidats arrivés en tête du premier tour.

Les résultats du scrutin de lundi pourraient être annoncés par la commission électorale dans un délai de dix jours. Mais un groupe d?organisations non-gouvernementales indonésiennes et internationales rendra publiques ses propres projections dans les 24 heures.

Le vainqueur du scrutin, quel qu?il soit, sera confronté à un défi de taille.

La croissance économique, de l?ordre de 4% par an, ne permet pas de créer des emplois en nombre suffisant pour les cinq millions de personnes qui arrivent chaque année sur le marché du travail dans le seul pays asiatique membre de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole, où la corruption rampante et la complexité des lois découragent les investissements.

En outre, les attentats à la bombe commis par des islamistes armés ont poussé l?Indonésie sur le devant de la lutte contre le terrorisme et soulevé des questions sur l?avenir du premier pays musulman au monde.

Pour l?heure, rien n?indique que le désenchantement, six ans après le départ de Suharto, nourrit un islamisme politique.

Yudhoyono, Megawatti et Wiranto sont des nationalistes laïcs. Amien Rais, lui, est un musulman modéré aux mots très durs à l?encontre du terrorisme.

Dean Yates

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