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Prem Raddhoa : ?Le couple Tostée a voulu fuir le pays?

19 décembre 2006, 00:00

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Le contre-interrogatoire du surintendant Prem Raddhoa dans le cadre de l?enquête préliminaire sur la mort de la styliste Vanessa Lagesse, s?est poursuivi hier devant le magistrat Azam Neerooa, siégeant au tribunal de Mapou. Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, qui représente le suspect Bernard Maigrot, recherche toujours des précisions sur l?arrestation de Josiane et Maurice Tostée, mère et beau-père de Vanessa Lagesse.

Répondant à Me Collendavelloo, Prem Raddhoa devait préciser que le couple Tostée avait voulu fuir le pays après avoir obtenu leur décharge de la clinique Darné, dans l?après-midi du 30 mars 2001. Ainsi, dit-il, ses hommes et lui n?auraient eu d?autre choix que de les arrêter. Il explique, en effet, que quelques semaines après la mort de la styliste, il avait été informé par ses hommes que Josiane Tostée portait des égratignures sur le bras gauche. Il dit toutefois ne pas se souvenir à combien de semaines après la mort cela remonte.

Le surintendant Raddhoa déclare que la première fois qu?il a rencontré Josiane Tostée dans le cadre de l?enquête, c?était le 28 mars 2001 vers 20 heures au bureau de la CID de Curepipe.

Q : Vous ne l?aviez pas arrêtée sur des ?reasonable suspicions?ce jour-là ?

R : Non. Cela aurait été injuste. Elle a été autorisée à rentrer chez elle après avoir pris l?engagement de se rendre à nouveau, le lendemain, au poste de police de Curepipe. Une entrée a été faite dans le Diary Book.

Questionné davantage, Prem Raddhoa a admis que cet engagement de Josiane Tostée ne figurait pas dans le Diary Book. Mais il précise avoir donné des instructions à ses hommes d?y inscrire l?engagement en question et que le cas échéant, elle aurait été arrêtée. Il lâchera aussi qu?il ne peut être au four et au moulin en même temps.

Q : Sur quels faits vous êtes-vous basé pour conclure que Josiane Tostée cherchait l?admission à la clinique Darné ?

R : Quand je l?ai rencontrée la première fois, cette honnête dame ne donnait pas l?impression d?être souffrante. Lors d?une réunion, le commissaire de police a informé les officiers présents que le couple Tostée allait être admis en clinique et qu?il fallait y placer une sentinelle. Dans l?après-midi du 30 mars 2001, mari et femme ont été autorisés à quitter la clinique. Ils ramassaient rapidement leurs effets personnels. Et nous avons eu l?impression qu?ils voulaient quitter le pays. Dans ces circonstances, et à cause de leur attitude non coopérative, nous devions les arrêter.

Q : Comment êtes-vous arrivé à la conclusion que Josiane Tostée voulait fuir le pays ?

R : La sentinelle placée à la clinique Darné m?a dit au téléphone que ?misie bizin fer vit, bann la pe ramas zot bann zafer, zot pa donn linpresion ditou ki dimoun ki finn gagn desarz depi klinik. Zot pe sove, krwar mwa. Zot krwar ou finn kit biro sa ler la ou finn ale?.

Q : Qu?avez-vous fait par la suite ?

R : Mes hommes et moi nous nous sommes rendus immédiatement à la clinique. En me voyant, Maurice Tostée, qui était déjà habillé et portait une cravate, m?a dit : ?Non, non Monsieur Raddhoa, je suis toujours malade, moi?. Il s?est mis immédiatement au lit, sous la couverture.

Le SP Raddhoa soutient également que c?est lui qui a porté la charge de complicité contre Josiane Tostée et que cette dernière a répondu : ?Je ne suis pas d?accord avec ce dont on m?accuse.?

Par ailleurs, Prem Raddhoa a reconnu qu?une partie de l?interview qu?il a accordée à un hebdomadaire était diffamatoire à l?endroit de Josiane Tostée.

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