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Pravind Jugnauth reste évasif sur l?économie

20 mars 2004, 20:00

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«Remettre le pays sur les rails du progrès », tel est l?objectif du ministre des Finances Pravind Jugnauth. Mais au lieu de donner de réelles indications sur les mesures qu?il souhaite adopter, le vice-Premier ministre n?a fait qu?énumérer hier la série de contraintes qui pèsent sur le gouvernement et donner un aperçu très parcellaire de ce que contiendra son premier budget du 11 juin. Paul Bérenger, qui nous a habitués à des conférences de presse-tours d?horizon durant lesquelles il n?annonce pas grand-chose, semble faire des émules. Pravind Jugnauth suit l?exemple.

Promouvoir l?investissement, réduire la dette budgétaire et le chômage et booster la croissance sont les principaux objectifs du ministre des Finances. « Des mesures qui s?imposent ! » dit-il. A la manière de Bérenger, il a dressé un bilan flatteur de la performance économique du gouvernement depuis 2000. Croissance en hausse, inflation maîtrisée, réserves en devises étrangères en progression, déficit budgétaire sous contrôle? Pravind Jugnauth estime que « le contrat a été rempli durant les trois dernières années ».

Le ministre n?a pas utilisé le terme consacré par son prédécesseur, à savoir « un budget de la continuité ». Mais il n?a rien annoncé d?innovant, ni laissé entendre que son premier budget contiendrait des mesures allant dans ce sens.

Diminuer la TVA ? « Nous verrons bien »

Interrogé sur l?éventualité d?un allègement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), il répond qu?il consentira des efforts là où il le pourra « dans l?intérêt des consommateurs ». « Nous verrons bien », dit-il.

Sur un éventuel rehaussement des plafonds d?impositions pour la taxe directe, c?est le même flou. Le ministre admet être en présence de demandes allant dans ce sens mais refuse de dire s?il considère sérieusement cette option.

Pravind Jugnauth a bien abordé certaines difficultés que connaît l?économie mauricienne, textile en tête. Là aussi, il préconise la continuité. La Textile Emergency Support Team existe et fait du bon boulot, selon lui. Des fonds pour la restructuration de la dette des entreprises sont disponibles. Le National Equity Fund financera les plans de restructuration et de modernisation des entreprises textiles. Pravind Jugnauth se satisfait de cela, sauf que toutes ces aides existent déjà. Le budget en contiendra-t-il d?autres ?

Beaucoup d?argent passe sous le nez des autorités censées percevoir les taxes directes et indirectes. La mise en place d?une Mauritius Revenue Authority (MRA) et la restructuration en profondeur des services de douanes pourraient régler ce problème. Et, par la même occasion, renflouer les caisses de l?Etat.

Le Medium Term Expenditure Framework (MTEF), qui permettra de rationaliser les budgets de développement des différents ministères en prévoyant les dépenses en avance, contribuera également à atteindre cet objectif. Des éléments qui aideront à réduire le déficit budgétaire chronique du pays depuis des années.

Pas de grandes innovations

Dans le domaine de l?investissement, Pravind Jugnauth estime que l?adoption de la loi sur le Private Public Partnership (PPP) dans les mois à venir permettra de faire progresser les projets entre le gouvernement et le secteur privé.

A bien voir, Pravind Jugnauth ne fait que reprendre des idées et des projets existants. Le concept du PPP est à l?étude depuis près de trois ans. Le MRA et le MTEF existent déjà sur papier, les fonctionnaires travaillent d?ailleurs sur leur mise en place depuis des mois. Où sont les innovations ?

Pravind Jugnauth a peut-être le temps d?en trouver. Les consultations budgétaires se tiendront du 19 au 29 avril prochain. Les deux sessions des tripartites prévues pour les 6 et 13 avril l?aideront peut-être aussi à affiner ses idées.

Ratissant large et histoire de recueillir le plus d?avis possibles, Pravind Jugnauth demande aux citoyens de lui apporter leurs suggestions sur le site web du ministère des Finances (http://mof.gov.mu). Mais pour connaître le résultat de ses réflexions, il faudra patienter. Rendez-vous le 11 juin !

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