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Pravind Jugnauth : ?La réforme dans le sucre est un succès?
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Pravind Jugnauth : ?La réforme dans le sucre est un succès?
? JE suis heureux d?avoir mis l?agriculture mauricienne sur la voie de la modernisation et du progrès. Il a fallu, dans certains cas, prendre des décisions très courageuses et politiquement périlleuses?, dira Pravind Jugnauth au sujet de ses trois années au ministère de l?Agriculture. Ce ministère vient d?être confié à Nando Bodha.
Ce sont surtout les réformes initiées au sein de l?industrie sucrière qui auront été, selon Pravind Jugnauth, les principales réalisations de son ministère. C?est en 2001, en effet, que le plan stratégique du secteur sucrier fut présenté. Il visait à remettre l?industrie sur les rails et à lui permettre d?envisager l?avenir avec plus de sérénité. La réforme se déclinait sous trois aspects : le Voluntary Retirement Scheme (VRS), la centralisation et la diversification.
Pour le vice-Premier ministre (VPM), le plan de retraite volontaire a connu un succès retentissant. Les 7 850 ex-employés qui ont opté pour cette formule ont pu obtenir un package global de plus de Rs 5 milliards (une enveloppe de Rs 1,95 milliard sous forme de compensation financière et des terrains résidentiels valant plus de Rs 3 milliards). Quant au processus de centralisation, il est en cours. D?ici 2005, le pays ne devrait compter que sept ou huit sucreries.
Au chapitre de la diversification, Pravind Jugnauth a énuméré les diverses initiatives prises concernant les sous-produits de la canne. Les menaces qui pèsent sur l?industrie sucrière ont amené les autorités à accorder une attention particulière aux multiples sources de croissance envisageables à partir de l?activité sucre : fabrication de l?éthanol, de rhum agricole, production de l?énergie électrique à partir de la bagasse, élargissement de la gamme de sucres spéciaux? ?Nous bougeons d?une industrie du sucre vers une industrie où toutes les ressources de la canne seront utilisées de manière optimale à des fins économiques ?, souligne le VPM.
Pravind Jugnauth s?est attardé sur les changements qui s?opèrent sur nos principaux marchés, en Europe en particulier. Le VPM qui a aussi été porte-parole des ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) pour le sucre, a été associé de très près aux nombreuses initiatives diplomatiques en vue de sauvegarder nos intérêts commerciaux.
L?accès préférentiel du sucre mauricien sur le marché européen est plus que jamais menacé dans le sillage de la réforme de la Politique agricole commune (PAC). La sugar diplomacy est mise à rude épreuve afin de préserver les acquis. Certaines actions de lobbying ont porté leurs fruits. Les ACP ont pu convaincre l?Union européenne (UE) de la nécessité de renouveler le régime sucrier en 2001 pour une période de cinq ans (juillet 2001 à juin 2006).
Erosion des préférences
Les producteurs sucriers des ACP ont pu également persuader l?Organisation mondiale du commerce de l?importance des long standing preferences, dont le Protocole Sucre. Le texte soumis lors de la conférence ministérielle à Cancun est en faveur, dans la mesure du possible, de la marge de préférence. Ce texte propose aussi un mécanisme pour atténuer les effets d?une érosion des préférences.
Mais le plus difficile reste à faire. Tout projet de réforme du régime sucrier européen risque de se traduire par des baisses substantielles de revenus pour les sucriers. Pour corser le tout, la Commission européenne a rejeté la possibilité d?un retour aux quotas fixes, souhaité par le groupe ACP. Donc, moins de recettes stables et prévisibles pour les économies déjà vulnérables du groupe ACP. ?Nous maintenons toujours que le retour aux quotas fixes est la meilleure option pour nous?, fait ressortir le VPM.
Celui-ci a fait état de ses réalisations dans le secteur agricole hors sucre, dont les principales orientations sont énoncées dans le plan stratégique non sucre 2003-2007. L?objectif est de réaliser par le biais d?une approche technologique, une diversification planifiée, organisée et ciblée. Il s?agit de promouvoir des activités liées à l?exportation et le développement d?un secteur agro-industrie solide. Pravind Jugnauth a fait ressortir les mesures prises en faveur de l?élevage, de la technologie alimentaire, des cultures légumières et fruitières de même que les projets tels que la création d?un Institut de biotechnologie et d?un one-stop shop pour les agriculteurs.
Les efforts de soutien à la communauté des planteurs ont aussi été abordés.
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