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Prakash, un laitier « vachement »ambitieux

24 avril 2004, 20:00

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Prakash Kurnauth est un téméraire. C?est le premier mot qui vient à l?esprit après avoir passé deux heures avec lui. S?il fallait en trouver un deuxième, on pourrait choisir « hyperactif ». C?est qu?il n?a pas une minute à lui quand il est avec Ti madame, Dézorder, Blakayo et les autres. Notre homme est éleveur de vaches. Un métier qu?il a choisi d?exercer en son âme et conscience.

Il aime le travail manuel et est prêt à déplacer des montagnes pour son entreprise. Comme un défi au temps, il produit du lait frais qu?il distribue en faisant du porte-à-porte. Mais avant d?en arriver là, il a parcouru un sacré chemin.

On l?a rencontré au morcellement Saint-André, loin de l?activité étourdissante des villes, sur un lopin de terre presque inaccessible, dans un écrin de champs de cannes, de broussaille et d?herbes folles. C?est là que se trouve son étable. À trois heures du matin, Prakash est déjà debout. Ses quinze vaches sont attachées et portent chacune un badge sur l?oreille. Elles l?attendent avec impatience. C?est qu?elles ont faim ! Mais Prakash est obsédé par les mesures d?hygiène. Le ménage passe avant la nourriture.

Avec ses travailleurs, il nettoie le sol. Ils récupèrent le fumier pour en faire du fertilisant et lavent l?étable à grande eau. Ils préparent ensuite la ration de chaque vache. Leur nourriture se compose de céréales et d?un concentré de soja et de maïs. Pendant que Prakash fait la distribution, les autres vaches s?agitent et s?impatientent. Puis pendant qu?elles se régalent, Prakash souffle un peu.

Ce dernier pratique ce métier depuis trois ans. Après le School Certificate, il trouve de l?emploi dans un hôtel dans le département financier. Le Club Méditerranée lui propose alors un contrat de trois ans en Israël. Mais après cette expérience, Prakash ne sent plus la fibre pour l?hôtellerie. Il ne supporte plus la pression et surtout de travailler toujours plus pour un salaire de misère. Il retourne alors à ses amours d?enfance : les poulets, les cabris et maintenant les vaches.

Sa famille est déçue. Quitter l?hôtellerie pour être éleveur, ce n?est pas courant. Mais Prakash va lui prouver qu?il « mean business ». Pour lui, il ne s?agit pas d?avoir deux vaches et de faire le travail au petit bonheur. Le jeune homme est ambitieux. Son objectif est de travailler à grande échelle.

Son troupeau augmente. En trois ans, il a beaucoup progressé. Son étable est même un modèle pour les éleveurs du coin. Sa nomination lors du concours Entrepreneur Start Up organisé par la Smido l?année dernière vient confirmer son talent. Prakash reçoit un prix de Rs 100 000 de la British American Tobacco qui parraine le concours. Cet argent lui a permis d?acheter deux autres vaches, une machine à traire et une autre qui coupe l?herbe. « Ce prix est une revanche sur le temps. Il montre que j?ai pris la bonne décision il y a trois ans quand j?ai quitté un emploi stable pour m?occuper des vaches. »

Le fait d?allier tradition et équipements modernes lui permet, non pas vraiment de gagner du temps, mais de moins se fatiguer. Lorsque les vaches ont fini de manger, Prakash prend sa petite chaise et se met presque carrément sous la vache. Tout d?abord il lave le pis et la traite commence. La machine aspire le lait qui est ensuite acheminé jusqu?à un réservoir Une vache peut produire en moyenne 10 à 12 litres par jour. Pour donner du lait, il faut qu?elle ait subi une insémination artificielle.

Satisfaire ceux qui aiment le lait frais

Après la traite, place au dessert. Les travailleurs distribuent du foin aux vaches. Ce rituel a lieu deux fois par jour, vers trois heures du matin et à seize heures. Prakash doit également être attentif aux signes d?ovulation des vaches, faire appel à l?Areu pour l?insémination artificielle ou pour d?autres problèmes de santé, faire provision de nourriture, recruter du personnel. Voilà un métier qui n?est pas de tout repos. Avec son van, il va jusqu?à la capitale pour distribuer le lait. Et la demande dépasse sa production. « Je pourrais peut-être un de ces jours construire une autre étable, acheter d?autres équipements et d?autres vaches pour satisfaire ceux qui aiment le lait frais. » Il semble en tout cas que Prakash ait plein d?idées en tête. Il n?a que 31 ans et entend bien démontrer qu?entre Manager d?un élevage et Manager d?un hôtel, les principes de base sont les mêmes.

Sa famille est déçue. Mais Prakash veut lui prouver qu?il « mean business ».

« Je pourrais peut-être un jour construire une autre étable, acheter d?autres équipements et des vaches... »

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