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Pourquoi pas un aéroport du Nord en mer ?

27 septembre 2005, 20:00

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La presse, en septembre 1980, se plaît à souligner le consensus croissant en faveur de l’abandon de l’aéroport de Plaisance et de la construction d’un autre au-dessus des nombreuses cavernes de la Plaine-des-Roches. Elle va toutefois plus loin en permettant à Roger de Spéville fils, de faire part, à ses lecteurs, de sa proposition d’un aéroport, toujours dans le Nord, toujours à Plaine-des-Roches, mais cette fois-ci en mer ou plus exactement dans le lagon plutôt que sur terre, agricole de surcroît.

Roger de Spéville s’explique. Maurice peut suivre l’exemple des Seychelles, de Hong Kong, de Nice, de l’île de Pâques, en construisant son nouvel aéroport en plein lagon, en aménageant une bande de terre dans l’axe compris entre la Pointe-Bonhomme et la Pointe de Roches-Noires, axe se trouvant, selon lui, être celui des alizés et convenant de ce fait à l’atterrissage des avions venant du nord-ouest. Il réclame deux études additionnelles pour vérifier s’il est sage de construire un aéroport international à Plaine-des-Roches où existent plusieurs cavernes et une autre pour évaluer le coût de la perte de 800 arpents de terre, dont 100 plantés en canne à sucre, en raison de l’aménagement d’un nouvel aéroport. Il estime que ces 700 arpents ainsi récupérables pourraient être utilisés pour les cultures vivrières, les plantes fourragères ainsi que pour y planter de l’eucalyptus. On pourrait, estime-t-il, planter 410 000 plants de cette espèce, pouvant rapporter au bout de sept ans environ Rs 20 millions. De plus, l’aménagement de la piste d’atterrissage en plein lagon financerait l’épierrage des terres environnantes les apprêtant à des activités agricoles.

Entre les pointes Bonhomme et Pointe-des-Roches, il y a de la place pour une bande de terre large de 200 mètres et longue de six kilomètres, soit le double de ce qu’il faut pour une piste d’atterrissage pour gros porteurs.

De la découverte de Roger de Spéville, passons à celle de 1981. Il s’agit d’un concours de chanteurs, organisé par Radio France Internationale, en collaboration avec la MBC et le Sams Disco de Vacoas. Le jury se compose de Jacques Maunick, de Sylvio Hécube et de Yan Jankoo. Mais ce qui est vraiment intéressant c’est l’extrême richesse de la liste des candidats finalistes. Il est, en effet, prévu que Jean Claude Gaspard chante Souvenir mo l’enfance, Micheline Virahsawmy Mama papa, Bernard de Robillard Tout commence, Simon Cyril Leone Tonton Martial, Georgie Joe Contigne to lekol, Rosemay Nelson Galupe Galupé, Patrice Chinapen Je veux être, Mario Hennequin Je suis, Cyril Ramdoo Fraudeur mariaze, Yvon Macabé Lamitié mauricien et Nelzir Ventre Rozelmi. Bref du monde et du beau monde. Bonne chance Messieurs les jurés. Ils décident finalement que Patrice Chinapen, Micheline Virahsawmy et Georges Romance défendront les couleurs mauriciennes, en France, lors de la finale de “Découvertes 81”, concours réservé aux pays francophones d’Afrique. Tant pis pour les autres même s’ils chantent l’inoubliable “Fraudeur mariaze”.

Autre découvertes : la collection de 3 000 insignes et décorations militaires de Pierre de Sornay, cadre de l’établissement sucrier de Médine. Tout commence par deux insignes militaires offerts par un ami. Pierre de Sornay raconte. Il a toujours éprouvé une passion pour les uniformes et pour l’histoire militaire. En 1960, il reçoit ses premiers insignes. Sa passion pour les décorations militaires se développe. Il se met à demander à ses amis, anciens combattants, de lui confier leurs souvenirs de guerre. “Alix” et “Carol” lui jouent à cet effet un mauvais tour. Ces cyclones engloutissent dans leurs ravages bon nombre de souvenirs de guerre. Ayant largement ratissé les possibilités locales, il se met à prospecter le marché étranger. La collection prend forme. De la première boîte à biscuit, Pierre de Sornay passe à ses premières vitrines. Il reçoit ses premiers visiteurs. Ses premiers admirateurs. Ses premiers collaborateurs. Le miracle du bouche à oreille s’opère. On parle de plus en plus de sa collection. Des émules se mettent à racler les fonds de tiroir, les fonds de grenier. De partout on lui apporte des trésors de guerre, dénichés ici et là. Des insignes et des décorations, il passe aux épaulettes, chevrons, barrettes, étoiles, casques, képis dont le “pickelhoube” (casque à pointe).

Une question nous turlupine ? Qu’est devenue, 25 ans après, la collection de Pierre de Sornay ? Ah ! si seulement nous avions un ministère de la Culture ou une Fondation Mauricienne pour soutenir de tels collectionneurs et pérenniser leurs efforts de collecte, de présentation et de valorisation des différentes facettes du patrimoine mauricien. Devant cette indifférence générale à l’égard des collectionneurs, il nous est impossible de savoir qui est le plus grand coupable, de la libre entreprise ou du secteur public, classe politique comprise. Cinq ans au pouvoir et n’avoir rien entrepris en ce sens. Et ça osera, dans un lustre, nous solliciter une réélection.

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