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?Pourquoi m?arrêter??
● Vous avez obtenu votre cinquième médaille d?or en quatre participations aux Jeux. Vous osiez à peine en parler avant la compétition. Pensiez-vous avant coup que la médaille précieuse était accessible ?
? Oui, je savais que j?avais la possibilité de remporter la médaille d?or. Je suis venu à Madagascar avec la ferme intention de décrocher mon cinquième titre. Je me suis donné à fond et je suis très content d?avoir atteint mon objectif.
● Au général, Maurice ne s?en sort qu?avec trois médailles d?or, la vôtre, celle de Marie-Michèle Godin et de Christina Herbu. Votre analyse....
Le tournoi était d?un très bon niveau. Il y avait un bon esprit d?équipe au sein de la sélection mauricienne, ce qui a permis de rendre les choses moins difficiles. Nous avons eu droit à beaucoup de jolis combats et les judokas mauriciens ont fait de leur mieux. Je remarque que notre sélection est composée de nombreux jeunes qui ont un gros potentiel.
● Vous approchez les 35 ans et vous êtes toujours le meilleur dans votre catégorie au niveau de la région. Est-ce vous qui avez atteint un niveau proche du nirvana ou est-ce les autres qui n?arrivent pas à décoller ?
On ne perd pas son judo, ses techniques et son expérience. C?est quelque chose qui reste en vous. Quand j?ai entamé mes combats, j?ai mis le maximum d?agressivité. Le plus important c?est d?avoir une bonne préparation psychologique et physique. J?avais l?avantage d?avoir déjà battu mes adversaires. N?empêche que l?entraîneur de judoka qui est en face de moi en compétition avait aussi préparé son athlète en travaillant sur mon point fort. La plupart de mes adversaires ont essayé de neutraliser mon point fort. De mon côté, j?ai essayé autant que possible de ne pas changer mon style, mais de faire les exécutions plus rapidement. Il fallait aller vite pour ne pas se laisser gêner par l?altitude.
● En quoi la présence des techniciens étrangers Nicolas Hery et Alexandru Lungu vous a été bénéfique ?
Nous avons eu d'intéressantes séances d'entraînements avec eux. Ils m?ont personnellement permis de me découvrir un peu plus. C?est toujours le cas lorsqu?il y a des gens nouveaux qui arrivent avec des idées et des techniques nouvelles. On ne finit jamais d?apprendre. C?était une expérience enrichissante et j?espère qu?elle ne s?arrête pas avec les 7es Jeux des iles.
● Cette cinquième médaille d?or, est-ce le point final à votre carrière ?
Pourquoi m?arrêter ? Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Quand j?ai vu une Malgache décrocher l?or à la quarantaine, je me suis posé des questions. Si je vois que j?ai la capacité de continuer, peut-être le ferais-je ? Il me faut réfléchir à tête reposée.
● Votre décision dépend de quoi ?
Elle dépendra de plusieurs choses. De quoi ? Je ne sais pas encore. Ce que je veux, c?est l?avancement du judo mauricien. Maurice avait auparavant des judokas de niveau 1. Je souhaite apporter ma contribution au judo mauricien pour qu'il retrouve le niveau qui était le sien. Nous avons des jeunes de talent et il faut leur donner ce qu?il faut pour qu?ils progressent.
● Le judo rodriguais vous tient à c?ur, étant vous-même originaire de l?ile. Comment se porte-t-il ?
Il se porte bien. La preuve c?est la présence de quatre filles et de quatre garçons de Rodrigues dans la sélection. Il y a eu deux Rodriguais en finale, en l?occurrence Melissa St Pierre et moi-même. Quand on voit ce que la jeune Christiane Legentil, 15 ans, a fait lors du tournoi par équipe, cela démontre que nous faisons ce qu?il faut pour donner aux judokas rodriguais la base qu?il faut. Les jeunes travaillent dur, les encadreurs Jean-Paul Azie, Eddy André, Kenneth Mercure, Laval Perrine et moi-même faisons un gros boulot. Nous avons neuf écoles de judo à Rodrigues et nous bossons très très dur avec comme objectif de placer nos jeunes judokas en sélection nationale. C?est tout ce que nous pouvons faire avec les moyens que nous disposons. Nous les amenons jusqu'à ce niveau. A partir de la sélection nationale, c?est à la fédération de prendre le relais pour s?assurer qu?ils progressent davantage.
● Avec votre cinquième médaille d?or aux Jeux, vous devenez une icône du judo dans l?océan Indien. Avez-vous un message ou un conseil pour les jeunes sportifs ?
J?aimerais leur dire que pour réussir en sport, il faut avoir de la persévérance, il faut être à l?écoute, avoir un comportement exemplaire, avoir la tête sur les épaules et beaucoup travailler. Il suffit de croire en soi pour avancer. Si moi j?ai réussi, tous les autres qui ont la volonté devraient pouvoir en faire de même. Il n?y a pas de secret pour la réussite. Il faut tout simplement travailler. Travailler pour soi, pour progresser, pour se surpasser et non juste pour plaire à l?entraîneur. Un sportif est lui-même son premier entraîneur, car il connaît ses limites. Il doit perpétuellement se défier avant de défier les autres.
Propos recueillis par Jean-Hugues OLIVIER de Madagascar
STAFF TECHNIQUE
Confiance en l?avenir
Que ce soit du côte de l?entraîneur national, Joseph Mounawah, ou de l?entraineur français Nicolas Hery, l?optimisme est de mise pour l?avenir du judo mauricien. Les deux techniciens font ressortir que le gros de l?équipe qui s?est déplacée à Madagascar est composé de jeunes de moins de 20 ans. Joseph Mounawah évoque un plan d?action qui sera élaboré par le comité directeur de la Fédération mauricienne de judo pour rehausser le niveau. Quant à Nicolas Hery, il souhaite qu?un gros travail soit effectué avec le groupe, car il est persuadé qu?il a un gros potentiel. Il se dit aussi volontaire pour travailler avec la sélection de Maurice pendant longtemps encore, si jamais on lui renouvelle la confiance.
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