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?Pour une prise en charge précoce du diabète?
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?Pour une prise en charge précoce du diabète?
La classification du diabète se base sur l?étiologie (la cause) de la maladie selon laquelle quatre catégories principales sont proposées : 1) le diabète type 1, dû à une déficience absolue de sécrétion d?insuline relevant de l?autodestruction des cellules du pancréas qui secrètent l?insuline et qui peut se déclarer très jeune 2) le diabète du type 2 qui est caractérisé par une résistance à l?insuline associée à un défaut relatif de sécrétion de l?insuline ? il se développe généralement plus tard et a une étiologie multifactorielle combinant génétique et environment 3) les autres types de diabètes secondaires spécifiques, donc ceux ayant à l?origine un dysfonctionnement des systèmes hormonaux (endocriniens), une maladie pancréatique, des anomalies génétiques, une cause iatrogène (suite à une intervention médicale quelconque) ou encore le stress métabolique qui suit un traumatisme ou une infection virale ou bactérienne 4) le diabète gestationnel (de grossesse). Quand nous parlons de diabète et de sa prévention, nous ne pouvons donc pas mettre tous les types dans le même panier. L?approche et la prise en charge doivent donc être chroniques et individualisées.
Il est connu que le diabète du type 2 augmente les risques de maladies cardiovasculaires. Des études ont démontré que les mécanismes et les anomalies (moléculaires, cellulaires, structurels et physiologiques) impliqués dans la pathogenèse du diabète sont semblables à ceux impliqués dans la pathogenèse des maladies cardiovasculaires. Le diabète est donc considéré par certains comme étant une étape dans le développement des maladies cardiovasculaires.
Le syndrome métabolique est un concept qui croît en popularité et qui est défini par la présence simultanée chez le même individu d?au moins trois anomalies cliniques et ou biologiques qui augmentent le risque du diabète du type 2 et/ou des maladies cardiovasculaires. Elle aboutit à un excès d?acides gras dans le plasma, qui est toxique aux cellules du foie et des muscles. S?ensuivent des anomalies dans le taux des lipides dans le plasma sanguin (dyslipidemie), le diabète du type 2, l?hypertension, des anomalies au niveau de la coagulation du sang qui prédisposent aux thromboses, des lésions de l?endothélium vasculaire et l?athérosclérose.
Les données existantes suggèrent donc l?existence de déterminants moléculaires communs entre le diabète du type 2 et les maladies cardiovasculaires, avec au centre l?obésité et le syndrome métabolique
Excès d?activité des plaquettes
Le syndrome a été défini par plusieurs organisations mais toutes les définitions prennent en compte d?une manière ou d?une autre, la résistance à l?insuline, l?hyperglycémie, le surpoids, un excès de triglycérides, une baisse du HDL-cholesterol et l?hypertension.
Selon le comité d?experts une glycémie à jeun (fasting blood sugar) > 110mg/dL reflète un dysfonctionnement au niveau de la tolérance de la Glycémie (Impaired glucose tolerance) et constitue un état de ?pré-diabète?.
Les perturbations prothrombotiques telles que la dysfonction endothéliale, un excès d?activité des plaquettes (blood platelets) de sang, une augmentation du taux plasmatique de l?homocysteine, qui favorisent la formation de caillots de sang, ainsi qu?une augmentation des molécules pro-inflammatoires, sont aussi liés au syndrome métabolique.
La prévalence du syndrome métabolique varie selon les pays en fonction de la définition choisie, de la méthodologie des études, du mode de sélection, de l?âge et du sexe de la population et probablement de l?origine ethnique. La prévalence est estimée à 20-30 % dans les pays industrialises.
Quoique le surpoids et l?obésité sont étroitement liés au syndrome métabolique, le BMI (Body Mass Index) n?est plus considéré comme le principal indicateur de risques associé à l?obésité. C?est le tour de taille à lui seul qui apparaît être l?indicateur principal de risques. L?accumulation de graisse dans la région de l?abdomen (obésité abdominale), est caractéristique des hommes de tout âge et des femmes après la ménopause et ce type d?accumulation est favorisé par un taux bas d??strogènes qui déterminent la distribution corporelle des tissus adipeux. Avant la ménopause, l??strogène favorise l?accumulation de graisse dans la région allant des hanches aux jambes.
Après la ménopause, les femmes atteintes du diabète du type 2, ont plus de risque de développer des maladies cardiovasculaires comparées aux hommes du même groupe d?âge.
L?infection chronique
Le tissus adipeux (tissus accumulant de la graisse et constituant la masse grasse) joue un rôle majeur dans la régulation de la sensibilité à l?insuline et de la balance énergétique, via ses produits de sécrétion, en particulier des protéines appelées ?adipokines?. Certains, tels que le TNF-a, sont surexprimés dans l?obésité et jouent un rôle dans la résistance à l?insuline induite par l?obésité et favorise l?inflammation. D?autres, tels que l?adiponectine, sont diminués dans l?obésité et le diabète du type 2. Les tissus adipeux jouent donc un rôle important dans le développement du syndrome métabolique.
L?infection chronique peut entraîner une production continuelle d?oxydants par les cellules du système immunitaire et de molécules inflammatoires telles que le C-Reactive Protein (CRP) (aussi produit par les tissus adipeux) qui a été impliqué dans la pathogenèse des maladies cardiovasculaires.
Troubles du cycle menstruel
L?excès de production d?hormones mâles (androgène) par l?ovaire est une anomalie endocrinienne fréquente chez les adoles- centes et les jeunes femmes et se manifeste par un excès de poils corporels et faciaux (hirsutisme) et l?acné. Les troubles du cycle menstruel et une prise de poids sont aussi souvent observés. Ceux-ci sont associés à une hypofertilité due au syndrome des ovaires polycystiques qui débute à l?adolescence et au syndrome métabolique qui se développe plus tard. La grandissante épidémie d?obésité infantile est liée à l?apparition de formes précoces de diabète du type 2 avec un syndrome métabolique et une intolérance au glucose détectables dès l?adolescence. Bien que certains soient d?avis que le ?diagnostic? du syndrome métabolique n?apporte pas d?utilité majeure en ce qui concerne les soins prodigués aux malades, il reste néanmoins un ?diagnostic? utile chez les plus jeunes et permet une prise en charge plus précoce.
L?American Diabetes Association et l?European Association for the Study of Diabetes ont recommandé de traiter d?une manière agressive les facteurs individuels du syndrome métabolique qui à eux seuls sont connus comme étant des facteurs à risque qui prédispose au développement du diabète du type 2 et des maladies cardiovasculaires.
Ils ont aussi recommandé l?évaluation continue des patients afin de détecter d?autres facteurs, en dehors du syndrome métabolique, qui pourrait entraîner le diabète et les maladies cardiovasculaires. Nous entreprenons en ce moment des études sur la prévalence et les effets métaboliques de l?helicobacter pylori qui cause une inflammation chronique de l?estomac, mais qui a aussi été impliquée dans la pathogenèse des maladies cardiovasculaires à travers la création d?un environnement pro-inflammatoire. Nous allons dans le même sens avec nos études sur ceux qui ont été infectés par le virus du chikungunya et qui en souffrent d?une manière chronique.
Dans le but de réduire le nombre de patients diabétiques méconnus, il serait souhaitable qu?un bilan de santé, avec des tests de laboratoire appropriés pour le dépistage des facteurs comprenant le syndrome métabolique soit fait dès la puberté et au moins une fois tous les deux ans jusqu?à 35 ans au dessus duquel les bilans de santé doivent être faits plus régulièrement.
Alors qu?un changement dans les habitudes alimentaires s?impose dans le traitement du syndrome métabolique et du diabète, on ne peut ignorer les facteurs pathologiques qui affectent l?appétit et qui peuvent être des barrières à une alimentation saine.
Le facteur génétique doit aussi être pris sérieusement en considération. Des études ont démontré que les immigrants indiens de la Guyane, qui souffrent du diabète du type 2, ont une plus grande prévalence du syndrome métabolique Puisque notre population est relativement petite et isolée, les gènes coupables ne se diluent pas parmi la population et prévalent donc de génération en génération.
Note : La consommation de produits laitiers (en combinaison avec une alimentation contrôlée) est associée à des niveaux plus bas de pression artérielle et à une plus faible prévalence du syndrome métabolique.
Dr Sharmila SEETULSINGH-GOORAH Senior Lecturer Department of Health Sciences University of Mauritius
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