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Pour une exploitation optimale des barachois

14 novembre 2005, 20:00

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A la mi-novembre 1980, la presse écrite fait l’éloge de la “révolution bleue” et se répand en louanges à l’égard d’une motion du député mauve Azize Asgarally à ce sujet. Qu’est cette “révolution bleue” ? Pourquoi fait-elle l’objet d’une motion parlementaire agréable à nos journalistes d’il y a un quart de siècle ? Il s’agit tout simplement de l’aquiculture, toujours aussi méprisée et dénigrée, vingt-cinq ans plus tard à une époque où l’on court, paraît-il, après les nouveaux piliers économiques.

L’aquiculture est l’art d’élever plantes et animaux dans l’eau, douce ou salée. Cela va des algues aux crustacés en passant par les mollusques et les poissons. Vingt-cinq ans après la motion Asgarally, l’aquiculture est toujours au même stade larvaire. On ne fait rien ou presque à ce sujet à Maurice, sous prétexte que cela n’est pas rentable ou encore que nos policiers ne font pas le poids face aux spécialistes du braconnage et du parasitage chronique.

Faisons pour commencer le décompte des barachois existant encore en 1980. Commençons par les barachois privés. Ils sont 1. Le bassin Bernard ou barachois Faoulez (48.5 arpents), 2. Barachois Nosaïc (10 A.), 3. Bassin les Bacabons, Bambous Virieux (42 A.), 4. Barachois Le Vallon, Pont Molinot, Ferney, 5. Le Chaland, Blue Bay (1,5 A.).

Il y a ensuite les barachois loués à bail. A Rivière du Rempart, ils sont 1. Le Bassin Paquet, en face de l’établissement Union S.E., 11A. loués à Harel Frères, 2. Barachois sur les pas géométriques à Belle-Vue Cugnet, 20.5 A. loués à une nouvelle coopérative de pêcheurs de Grand Gaube, 3. Barachois sur les pas géométriques à Belmont S.E. 32A. loués à Saint-Antoine S.E., 4. Bassin de Chazal, 50A. loués à Saint-Antoine S.E.

A Flacq, il y a 1. la baie Belcourt, sur les pas géométriques en face de Choisy S.E., 111 arpents loués à Constance S.E., 2. le Fish Pond de Beaux Songes, cinq arpents loués à FUEL S.E. et 3. le Bras de Mer aux Huîtres de 20 arpents loués à la Société Montaigu. A Rivière Noire, il y a deux bassins de poissons, à proximité des salines de la Grande Rivière Noire, 23 arpents loués aux Frères Kœnig.

A cette liste, on peut ajouter huit autres barachois appartenant à l’Etat n’étant pas loués à qui que ce soit ou encore gérés par le gouvernement lui-même. Ils sont 1. la Butte à l’Herbe, Calodine, connu encore comme le barachois François, de 20 arpents, qui pourrait être mis à la disposition de la société polyvalente Seva Shivir de Cap Malheureux, 2. le barachois Baie Fontaine, Pointe des Lascars, 5 arpents pouvant être loués à la société coopérative Soorsa, 3. le bassin salé (7A), 4. le barachois des requins (1,8 A), 5. le bassin Belle Isle, Trou d’Eau Douce 1,2 arpent, 6. le barachois de Virginia (35A) et 7. le barachois d’Albion de 14.4 arpents. Le huitième barachois, celui de Mahébourg, est géré par le ministère de la Pêche. Le ministre Iswardeo Seetaram doit se souvenir encore d’une pêche à la senne n’ayant permis la capture d’aucun poisson ou presque malgré la superficie de 83 arpents de ce barachois. La présence des caméras de la MBC n’ont été, en l’occurrence, d’aucun secours pour rendre ce résultat plus flatteur ou moins déshonorant.

L’aquiculture s’insère pourtant dans le cadre d’un développement intensif et extensif de la pêche visant à faire de ce secteur la deuxième principale industrie de Maurice après le sucre. Nous disposons de la principale matière première, à savoir la proximité de la mer et de ses ressources aux quatre coins de l’île.

Il s’agit seulement de les exploiter de façon optimale. C’est une source certaine de revenus et une solution à la crise chronique du chômage. La vie rurale et côtière peut en retirer de substantiels bénéfices. Les 22 barachois de l’île représentent une superficie de 670 arpents. Le rapport Moal fait état d’une production de 500 kilos par hectare, soit 108 tonnes de poissons seulement pour l’ensemble des barachois et des revenus de Rs 2 millions (1980) pour le poisson seulement. L’expert indien ajoute aux poissons disponibles, 15 kg de crabes et 2 000 huîtres à l’hectare. M. Louis Couacaud parle de 40 kg de crabes et 6 000 huîtres à l’hectare. Il est moins optimiste en ce qui concerne le poisson. La livre de poisson sur le marché local vaut huit roupies en 1980. Le crabe vaut Rs 20 la livre et le cent d’huîtres Rs 30. Le nombre de 22 barachois peut aisément être porté à 31 si l’on l’étend à certaines réserves.

Seule une commission d’enquête technique pourrait faire la lumière sur la grande désolation qui prévaut toujours au niveau de nos barachois alors qu’ils auraient pu devenir une industrie prometteuse.

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