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Pour une campagne propre

14 octobre 2003, 20:00

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Convaincre plutôt que soudoyer. Faire appel à l?intelligence plutôt que d?exciter les passions. Une telle conduite est indispensable pour qu?une campagne électorale soit morale et éthique. Or, on peut craindre que celle qui a démarré à Rivière-du-Rempart s?engage mal. Il y a encore trop d?agissements irresponsables.

Cette semaine le problème de l?utilisation de l?appareil d?Etat s?est posé avec force. L?opposition a contesté la diffusion par la MBC d?une série de programmes retraçant le parcours des quatre personnalités impliquées dans la transition au sommet de l?Etat. Au mieux, on peut accuser la station nationale de maladresse en réalisant cette série à six semaines de la date du dépôt des candidatures pour la partielle de la circonscription n° 7.

Certes, la nomination d?un nouveau Premier ministre est un évènement historique que la station nationale ne pouvait ignorer. Mais le ton des émissions diffusées lundi et mardi s?apparente davantage à celui des panégyriques qu?à celui du débat contradictoire. Pourtant le service public a une obligation de pluralisme.

Pour retracer le cheminement de Paul Bérenger, le journaliste Ashok Beehary n?a visiblement pas cherché hier à donner un point de vue équilibré. Les témoignages recueillis étaient essentiellement à la gloire du personnage. Le parcours du leader militant a beau être héroïque, mais des différences d?appréciation existent néanmoins à son sujet.

Utilisée sans scrupule, la télévision peut être un instrument très efficace au service du régime. Lors des deux dernières partielles, celles de Flacq et de Beau-Bassin, elle a joué un rôle primordial. Le nouvel environnement politique laisse toutefois espérer une rupture avec la tradition et une émancipation de l?audiovisuel.

En tout cas, la campagne ne démarre pas sous de bons auspices. Déjà, la promesse du Premier ministre d?attribuer un fauteuil ministériel au candidat Prakash Hurry, s?il est élu, est un moyen injuste d?influencer le vote de l?électorat.

On peut regretter que l?ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, n?ait pas trouvé le temps pour mener à terme l?adoption d?un ?Fiscal Responsibilities Act? qui aurait interdit les cadeaux électoraux. Des emplois fictifs créés à la veille des élections de 1982 aux promesses, faites plus récemment, de régulariser la situation des squatters, les pratiques de corruption électorale rendent chaque fois un peu plus disgracieux notre folklore politique.

Dans l?imaginaire populaire les partielles sont associées au syndrome ?tempo?, à l?asphalte et aux poses de première pierre. Pour qu?une nouvelle culture politique émerge, comme le souhaitent les ?redresseurs? il faut que ces tripotages cessent.

Outre les méthodes, il y a des arguments à connotation raciale qui ont empoisonné le début de la campagne. La stratégie du PTr d?axer sa campagne sur la thématique du ?pouvoir pé sappe dans ou la main? est habile mais indigne. Le candidat Raj Dayal va devoir jongler avec des thèses non moins incendiaires s?il entend s?inscrire dans la même logique étroite.

Un débat entre un gouvernement qui assume son bilan et une opposition qui présente un programme crédible aurait constitué un autre ?defining moment? de notre histoire.

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