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Pour un accompagnement concerté
Jayen Cuttaree a raison de rappeler quelques principes fondateurs de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Il l?a fait lors de son intervention hier à Pailles sur un forum ayant pour thème les défis commerciaux et de développement des petits Etats insulaires en développement (PEID). Le ministre des Affaires étrangères s?est fait le porte-parole des petits pays pour affirmer que le système de commerce multilatéral a fini par marginaliser certaines petites économies, contrairement aux principes de base de l?organisation.
Les pays ne s?affrontent pas à armes égales. Il faut modifier les règles du jeu pour que les petits Etats insulaires ne soient pas pénalisés en raison de leur taille et leur incapacité à rivaliser avec les grandes nations en termes de coût de production et d?accès naturel aux matières premières.
Les PEID donnent de la voix le temps de la conférence pour revendiquer un traitement spécial et différencié de la part de l?OMC et d?autres instances internationales. Ce traitement implique d?abord le maintien des préférences commerciales. Mais puisque ces filets de protection ne pourront durer indéfiniment dans un environnement dominé par la libéralisation des échanges, il faut bien s?ajuster aux exigences de l?ouverture économique.
La grande majorité des pays concernés ne peuvent se permettre des moyens libéraux pour envisager cet ajustement. Des initiatives visant à rendre une ou deux industries plus efficientes peuvent fragiliser l?ensemble de l?économie. Les restructurations industrielles ou le démantèlement des barrières tarifaires, par exemple, mettront en danger certains piliers clés bâtis grâce aux préférences.
Les PEID ont besoin d?un accompagnement concerté de l?OMC, des institutions de Bretton Woods et d?autres agences de développement internationales pour mieux armer leurs économies. La communauté internationale doit faire du transfert des capacités techniques et financières vers les petits Etats une des priorités du développement économique. L?agenda de Doha répond à ces questions dans une large mesure. Des groupes de pays tels le G90 doivent veiller à ce que l?agenda de développement puisse repartir sur des bases solides.
Les pays économiquement vulnérables dont la croissance reste sous l?emprise des activités agricoles ont besoin de diversifier leurs sources de richesse et de trouver des marchés rémunérateurs pour les nouveaux produits. Ce processus évolutif requiert des technologies de production et de communication plus performantes, des cadres mieux formés pour maîtriser les nouveaux outils, des infrastructures physiques plus résistantes et modernes et des services de support plus efficaces.
Mais l?investissement privé est également nécessaire pour réaliser les objectifs de la diversification. Les PEID n?ont pas toujours le niveau d?épargne national nécessaire pour financer les nouvelles activités. D?autre part, ils font toujours face à des difficultés pour accéder aux investissements directs étrangers.
Il est grand temps que les institutions de financement et de développement internationales mettent en place des guichets spéciaux qui permettront aux investisseurs étrangers et aux entrepreneurs locaux de mettre leurs idées à l?épreuve.
Les petites économies ont néanmoins un gros avantage : leur taille. Leur petitesse fait qu?elles ont une grande flexibilité pour s?ajuster aux humeurs changeantes des marchés internationaux. Par ailleurs, puisque les Etats sont de petite taille, une ou deux nouvelles industries qui auront réussi peuvent faire une grande différence au niveau de la croissance et de la transformation économique.
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