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Pour le bon motif?
Rosemarie Pierre, qui enseigne la broderie dans le privé, veut réussir dans sa profession. Après de longues années d?attente, elle voudrait avoir une portion de terrain d?une superficie de 500 pieds carrés à Blue-Bay ou un emplacement au front de mer à Mahébourg pour aménager une boutique artisanale. Ces deux zones littorales attirent de plus en plus de touristes.
?Il existe un marché ici pour les produits artisanaux et dans la région de l?océan Indien surtout avec l?ouverture de l?accès aérien et l?arrivée de plus de touristes à Maurice?, explique cette habitante de Beau-Vallon.
Elle a l?ambition de réaliser ce projet avec le soutien des stagiaires qui ont bénéficié de son expérience dans les villages côtiers grâce à des cours privés dans les centres communautaires. Certaines stagiaires ont été déjà identifiées pour fournir des travaux de broderie.
En attendant une réponse positive de l?Etat, elle a soumis son projet à un consultant. Une copie du projet sera déposée au bureau du député Richard Duval.
Rosemarie a approché le député pour lui parler de ce projet quelques jours après les élections générales.
Rosemary voudrait avoir une boutique, et à l?arrière, créer un atelier, une salle pour le repassage, l?emballage et la finition des travaux.
Avec l?ouverture de cette boutique, Rosemarie croit pouvoir créer des emplois dans la région pour les handicapés et les artisans qui occupent déjà ce créneau et qui éprouvent de difficultés à écouler leurs produits sur le marché régional.
?Si nous faisions un inventaire, nous serions étonnés de constater le nombre de produits artisanaux venant de Madagascar, des Seychelles, de l?île Rodrigues, du Mozambique, des Comores et d?autres pays de la région. Pourquoi pas nous ?? s?interroge la brodeuse.
Pour le financement du projet, Rosemarie frappera à la porte des institutions bancaires telles que la Small Medium Industries and Development Organisation (Smido) la Banque de développement et le Ministère de la Femme et du Bien-Etre de l?Enfant.
Pourquoi avoir choisi ce créneau?
Tout a commencé pour elle dans les années 90 à un moment où le chômage battait son plein . ?J?ai donc pris la décision de travailler à mon propre compte. C?est ainsi que j?ai commencé à prendre des cours de broderie en ayant en tête qu?un jour je placerai moi-même mes produits sur le marché?, raconte-t-elle.
Elle devait déchanter, quelques années plus tard. Comme les femmes qui sont lancées dans le commerce de produits artisanaux, elle découvre qu?il est risqué de les placer en consignation. ?Nous n?avons aucun contrôle. En l?absence d?un marketing agressif, les produits restent sur les rayons des magasins pendant longtemps, sans compter le retard accumulé pour récupérer la somme investie.?
Optimiste, la brodeuse ne baisse pas les bras pour autant. Elle prend même son courage à deux mains et négocie avec un proche à Beau-Vallon pour créer une petite entreprise dans la localité. Le projet n?aboutit pas.
Elle se tourne cette fois vers les centres communautaires pour trouver un emploi comme formatrice. Elle frappe à la porte du Centre de Créativité de Mahébourg. Elle rencontre une autre enseignante qui reconnaît sa compétence dans la broderie. Cette dernière lui conseille de postuler pour former des stagiaires dans les centres communautaires du Sud.
Sa candidature est acceptée. Elle y prend de l?emploi avant d?être sollicitée pour des cours de broderie en privé. Après avoir parcouru ce long chemin, Rose-Marie estime qu?il est tout à fait légitime que l?Etat prête une oreille attentive à sa demande pour une boutique artisanale.
?Mes stagiaires et moi méritons d?avoir notre chance?, dit-elle.
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