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Poste de police de Moka : Victime de brutalités policières pour une contravention déjà payée

27 janvier 2011, 20:00

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Poste de police de Moka : Victime de brutalités policières pour une contravention déjà payée

Harish Boyjoo, un habitant de Moka, dit avoir été arrêté et brutalisé au poste de police de Moka, tôt ce vendredi matin. C’est lors de l’émission d’Enquête en Direct, présenté par Finlay Salesse, que ce jeune homme a raconté comment un groupe de policiers l’a humilié, pour une contravention qu’il a déjà payée.

«J’ai été humilié !», déclare Harish Boyjoo, qui allègue avoir été victime de brutalités policières ce vendredi matin. C’est vers 5 h45 que quatre policiers, affectés au poste police de Moka, débarquent chez lui.

«La veille, j’avais ressenti de grosses douleurs au dos et j’ai dû prendre des calmants pour pouvoir dormir. Ce matin, j’ai été réveillé en sursaut je ne comprenais pas ce qui se passait. Ma femme m’a dit qu’un groupe de policiers voulaient me voir», raconte-t-il. Des policiers qui, selon lui, utilisaient un langage particulièrement brutal.

«Ils m’ont dit que si je ne n’ouvrais pas la porte, ils la défonceraient. Mes enfants sont traumatisés par ce qui s’est passé», fait-il ressortir. Sans lui en donner les raisons, les policiers l’ont emmené au poste de police de Moka. Sur les lieux, Harish Boyjoo a réclamé de pouvoir contacter son avocat. Les policiers n’y ont pas objecté. «Tout de suite après que j’ai appelé mon avocat, quatre autres policiers m’ont placé dans une salle, où ils m’ont déshabillé et ont commencé à m’insulter, faisant des remarques désobligeantes sur mes parties génitales. J’étais assis, nu, sur une chaise, avec des policiers autour de moi, qui m’humiliaient sans cesse», avance-t-il.

Son avocat débarque au poste de police environ deux heures après son arrestation. Ce n’est qu’à ce moment que les policiers devaient lui indiquer qu’il a été arrêté pour n’avoir pas payé une contravention.

«Je savais exactement de quelle contravention il s’agissait. Mais je me rappelle que je l’avais réglée depuis assez longtemps.» Il indique également se rappeler avoir mis le reçu dans son portefeuille, qu’il avait, d’ailleurs dans la poche de son pantalon. «Ce n’est qu’après leur avoir montré la preuve que j’étais en règle qu’ils m’ont laissé partir.» C’est donc après quatre heures passées au poste de police que Harish Boyjoo est autorisé à rentrer chez lui. «J’ai été humilié ! Cela ne s’arrêtera pas là. Je compte aller de l’avant, en poursuivant l’Etat», soutient-il.

Sollicité pour une réaction, Lindley Couronne, directeur d’Amnesty International Mauritius, indique que «même si le nombre de brutalités policières a diminué dans le pays, il y a toujours des brebis galeuses qu’il nous faut dénoncer». «On ne connaît pas les chiffres, on ne sait pas ce qui se passe, car la brutalité policière se fait dans l’obscurité et l’opacité», ajoute Lindley Couronne.

Néanmoins, notre interlocuteur affirme que chaque cas de brutalité policière rapporté doit être traité avec prudence, car, selon lui, il y a eu un changement dans la mentalité des policiers.

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