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Possible déposition de Marie Linley Savriacooty aujourd?hui
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Possible déposition de Marie Linley Savriacooty aujourd?hui
On croyait l?horreur atteinte avec le premier abus sexuel de Marie Linley Savriacooty, agressée le 29 janvier à même le trottoir de la route Royale de Rose-Belle. La barbarie a été franchie mardi après-midi avec une nouvelle agression sexuelle sur sa personne et ce, dans un champ de canne de Flacq, après son enlèvement à Rose-Hill.
Admise en isolation dans une chambre spéciale à l?hôpital de Flacq, elle se remet lentement de cette nouvelle agression sexuelle après l?examen et l?intervention chirurgicale du Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer. Ce dernier a en effet préféré, après un premier examen de la victime, ne pas prendre le risque d?enlever le corps étranger qui a été inséré de force dans son vagin, sans recourir à une anesthésie générale.
Après avoir endormi Marie Linley Savriacooty, le Dr Boolell a ôté le morceau de canne à sucre en présence du Dr Mogun, gynécologue à l?hôpital de Flacq. Ensuite, le
Dr Boolell, qui a aussi fait le constat de multiples blessures, a informé la police que la jeune femme a effectivement été agressée sexuellement une nouvelle fois. C?était ce même praticien qui l?avait examinée le 30 janvier et conclu à une ?interférence sexuelle?.
Sous surveillance policière constante depuis son admission, Marie Linley Savriacooty n?a pu être vue hier que par quelques personnes ,dont son avocat, Me Jean-Claude Bibi. Elle devrait être suffisamment rétablie aujourd?hui pour donner sa version des faits aux hommes de la Criminal Investigation Division (CID) de Flacq et de Rose-Belle.
Son mari, Stéphano, interdit d?accès à la chambre de son épouse une première fois tôt dans la matinée d?hier, a pu s?entretenir avec elle pour une quinzaine de minutes à la suite de l?intervention de Me Bibi. Déjà bouleversé avant la visite, c?est un homme atterré qui a quitté l?hôpital en compagnie de son avocat.
Les larmes aux yeux, il a déclaré ne pas comprendre ?l?acharnement? dont lui et son épouse font l?objet. ?Je ne comprends pas pourquoi les gens s?acharnent ainsi contre nous. C?est tellement injuste après ce qui nous est déjà arrivé. Pourquoi les gens sont-ils si méchants ? Ce n?est pas facile à accepter et supporter. La vie est devenue dangereuse, malheureusement.?
Il a toutefois laissé entendre que malgré sa souffrance, son épouse est courageuse. ?Elle n?a pas peur.? Fait confirmé par Me Bibi, qui a pu la rencontrer avant son mari en début d?après-midi. ?Son état est grave?, a confié l?avocat. ?Elle converse un peu, ferme les yeux pour tenter de récupérer et reprend ensuite le fil de ses idées. Mais malgré son extrême faiblesse, elle est forte et s?inquiète pour son mari et ses enfants.?
Mardi, quand Marie Linley Savriacooty et son mari décident de se rendre en ville pour accomplir certaines formalités et rejoindre leur avocat, ils sont loin de se douter qu?ils vivront encore un drame. Ils avaient eu aupravant un rendez-vous avec l?Anti-drug and Smuggling Unit (Adsu) de Rose-Belle à propos de leurs démêles avec la famille Manna, pour affaire de maisons saccagées, dans laquelle les deux fils sont impliqués. Le radiateur de leur voiture leur jouant des tours, ils s?arrêtent à La Butte pour y mettre de l?eau.
Que ses bagues
C?est à ce moment-là que Marie Linley Savriacooty attire l?attention de son mari sur la présence de deux hommes qui marchent non loin d?eux. ?Marie-Linley a attiré mon attention sur deux hommes qui marchaient. Elle m?a dit qu?elle avait l?impression que c?étaient deux des hommes qui l?avaient précédemment agressée. Elle avait le sentiment que nous étions suivis. J?ai effectivement vu deux hommes mais nous ne nous sommes pas attardés sur place. Nous avons redémarré pour gagner Rose-Hill.?
D?après ses proches, Marie-Linley Savriacooty a probablement été suivie de Rose-Belle en passant par La Butte jusqu?à Rose-Hill.
A Rose-Hill, Stéphano Savriacooty dépose sa femme devant un distributeur automatique et en l?absence d?une place pour se garer, il fait un tour avant de venir la récupérer. Il est alors environ 14 heures. Mais Stéphano ne trouve plus sa femme. Il fait le tour du centre-ville pendant une demi-heure encore avant de se résigner à appeler son homme de loi, Jean Claude Bibi.
Ce dernier lui conseille d?attendre un peu avant de signaler sa disparition au poste de police de Rose-Hill. Ne retrouvant toujours pas Marie-Linley son mari se rend à la police plusieurs heures après. Marie-Linley, qui se plaignait souvent de ne pas se sentir en sécurité, de se sentir épiée et observée, s?est tout bonnement volatilisée.
Ce que Stéphano ignore, c?est qu?elle a été enlevée et conduite dans un champ de canne à Flacq. Là, elle a été déshabillée, sévèrement malmenée et agressée sexuellement. C?est une femme nue, inconsciente, mais respirant encore que le chef inspecteur (CI) Ramgoolam de l?Adsu et ses collègues découvrent sur un sentier bordé de cannes à trois mètres de la route, non loin de l?entrée de l?usine FUEL.
Elle n?a sur elle que ses bagues. Aucun vêtement n?est trouvé dans les parages. Le CI Ramgoolam et son équipe qui effectuaient une patrouille de routine doivent arrêter une voiture qui passe. Ils réussissent à obtenir de la conductrice un morceau de tissu pour recouvrir l?inconnue qu?ils emmènent alors à l?hôpital de Flacq.
A L?HÔPITAL
Six visiteurs
■ La chambre de Marie Linley Savriacooty avait été interdite d?accès hier par le gynécologue Mogun. La première raison étant la gravité de son agression sexuelle. La seconde est qu?elle était encore sous l?effet de l?anesthésie générale. Son discours risquait d?être confus. Six personnes ont toutefois pu la voir, à commencer par Indira Seebun, ministre de la Femme. Elle en est sortie horrifiée. ?Je suis triste pour cette dame. Je condamne cet acte ignoble. C?est inacceptable que des personnes fassent ainsi la loi. Je laisse toutefois la police faire son travail.? Son second visiteur a été Me Jean-Claude Bibi qui a conversé avec elle une quinzaine de minutes. Deux policiers de la CID ont également pu la voir en présence de son avocat. Me Bibi leur a communiqué des éléments d?information de base pouvant faire avancer l?enquête. Salma Bibi Islam, psychologue du ministère de la Femme, qui suit la victime depuis sa première agression, avait été interdite d?accès le matin. Elle a pu voir sa patiente par la suite. La psychologue l?aurait trouvée ?en grande détresse? mais la victime aurait paru ?soulagée? de voir ce visage familier. Le dernier à lui rendre visite a été son mari, Stéphano. Me Bibi fait un appel : ?Il ne faut pas véhiculer, ni écouter les rumeurs qui peuvent nuire à l?enquête ou créer une atmosphère qui lui sera préjudiciable et il faut garder son calme.?
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