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Porto, l?inébranlable machine de Mourinho
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Porto, l?inébranlable machine de Mourinho
L?adversaire que Monaco va affronter ce soir en finale a été le bourreau de Marseille et Lyon plus tôt dans le tournoi. En quatre occasions, les autres clubs français ont subi sa grande solidité collective, son sens tactique et son opportunisme. Décryptage.
En quarts de finale retour, sans une anecdotique égalisation d?Elber, Porto aurait remporté face à l?OL sa 4e victoire en quatre matches contre un club français en Ligue des champions cette saison. Les hommes de Le Guen, sortis frustrés du match aller (2-0), le furent autant après le match retour (2-2), répétant contre toute évidence que la différence de niveau entre les deux équipes était infime.
C?est la principale caractéristique du vainqueur de la Coupe de l?UEFA 2003 : avec des si, tout le monde se sent capable de le battre. Avant Lyon, c?est Marseille, en poule, qui avait subi deux revers en deux semaines (2-3, 0-1) malgré l?impression de n?avoir pas grand chose à apprendre.
Alain Perrin et Paul Le Guen ont pourtant bien rendu les armes contre l?équipe la plus performante d?Europe, en tout cas celle qui a joué, cette saison, le jeu collectif le plus abouti.
Match après match, l?équipe qui était surtout crainte, au départ, pour les ouvertures chirurgicales de son meneur Deco, s?est révélée comme un mystérieux mélange de maîtrise tactique, de variété technique, et de caractère. Ses points faibles sont identifiés depuis longtemps.
Le patron de la défense, Jorge Costa, est souvent sur le fil. Sa lenteur est à peine compensée par son sens du placement. Les latéraux, Paulo Ferreira et Nuno Valente, sont inconstants et ont parfois du mal à se situer sans ballon.
Enfin, Porto n?emballera jamais un match comme Monaco ou Chelsea, faute de joueurs suffisamment rapides, à l?exception du jeune Carlos Alberto. Mais jusqu?ici, ces limites n?ont pas empêché le club portugais de déployer toute l?étendue des talents qu?a su lui donner José Mourinho depuis son arrivée en janvier 2002.
Performance continue
Le premier d?entre eux, rêve de tout entraîneur, n?a jamais été pris en défaut cette saison : Porto ne fait pas d?erreur. Cette équipe ne donne pas le ballon, ne laisse pas d?espaces et pratique un marquage rigoureux. Quand la situation n?est pas toujours aussi simple, les imprécisions n?ont jamais lieu dans la surface de vérité.
En revanche, par son organisation et un jeu de passes très abouti, Porto profite sans sommation de tout relâchement dans le bloc adverse. C?est cette réalité que l?OM avait affrontée avec douleur au Vélodrome, en encaissant trois buts.
Tout au long de son parcours, le mérite de Porto fut aussi de savoir assurer une continuité dans la performance sans quelques-unes de ses pièces maîtresses. Sans Deco, le club portugais fut loin de pratiquer un football total contre l?OM au match retour, mais il a su contrôler avec sa maîtrise tactique (1-0).
Il a aussi supporté sans conséquence la longue absence sur blessure de son buteur Derleï, complément idéal de Deco. Sans lui, McCarthy a pris un volume inédit. En défense, Ricardo Carvalho a expédié les affaires courantes avec autorité quand Jorge Costa était indisponible. C?est cependant dans l?entrejeu que Porto puise l?essentiel de son volume de jeu.
Avec Maniche et l?ancien Monégasque Costinha, l?équipe tient deux piliers sans lesquels il est difficile de lui concevoir un salut. Tous deux brillants récupérateurs, ils se complètent idéalement. Le premier, vif, précis et intelligent, peut en outre marquer à tout moment (deux fois contre Lyon). Le second apporte ce supplément d?âme et cette combativité digne de la force mentale du groupe de Deschamps.
Qu?il marie cette solidité avec une capacité de perforation digne de son quart de finale, et Porto remportera sa deuxième C1 en 17 ans. Sauf si Monaco est assez inspiré pour venger ses deux collègues français. Ils auront alors contribué à lui ouvrir la voie.
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