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Popov, les adieux du Tsar
Ce n'est pas une révolution comme en 1917, mais à chaque fin de règne d'un Tsar, il flotte dans l'air comme le sentiment qu'une page d'histoire vient de se refermer.
Avec la fin de la carrière du Russe Alexandre Popov, une retraite encore non officielle mais qui ne fait plus de doute selon L'Equipe, la natation telle qu'on l'a connue dans les années 1990 s'est éclipsée. Phelps, VdH et Thorpe devront, eux, faire preuve de la même longévité que le quadruple champion olympique et sextuple champion du monde s'ils veulent lui succèder dans les coeurs.
?Bien sûr, il ne l'a pas encore annoncé publiquement, mais Alexander Popov a pris sa décision, il a définitivement tourné la page?, écrit notre consoeur Sylvie Josse jeudi. Le Russe aurait disputé ses dernières courses lors des Jeux Olympiques d'Athènes, à l'âge de 33 ans. Il y avait été éliminé en demi-finales du 100 m pour seulement 3 centièmes de seconde et en séries du 50 m deux jours plus tard.
Pour lui rendre hommage, ?il se murmure qu'une cérémonie en grandes pompes sera organisée le mois prochain en Suisse?, semble savoir le quotidien sportif. ?Mais tout cela reste assez secret à l'image du personnage?.
Secret mais pas ermite. S'il a longtemps renaclé à évoquer sa trajectoire personnelle, Alexandre Popov n'en était pas moins concerné par le développement de son sport. Sa reconversion devrait d'ailleur le mener au CIO.
Dans les bassins, petits et grands, ouverts ou couverts, Alexandre Popov a toujours privilégié la vitesse pure, sur des petites distances et en crawl. Depuis 1991 et son premier titre européen sur 100 m jusqu'au triplé innatendu des Mondiaux 2003 (50 m, 100 m et relais 4x100 m), il a affiché une régularité sans faille. Invincible en finale sur 100 m entre 1992 et 1999 (!), il a été dépossédé du record du monde sur cette distance par Pieter Van den Hoogenband (47?84 en 2000). Mais son nom est associé au record du 50 m depuis 2003 (21?64).
Régularité ne veut cependant pas dire linéarité. Si Popov a brillé de 1991 à 2003, il a aussi connu des coups durs. En 1996, il est victime d'une grave agression au couteau à Moscou. Il mettra moins d'un an pour s'en remettre. En 2000, il revient penaud des JO de Sydney.
La fin ? Non, le début plutôt d'un travail pour remettre VdH à sa place. Ce qu'il parvient à faire aux Mondiaux en 2003. Mais pas aux JO d'Athènes en 2004, douze ans après ses deux premiers titres olympiques à Barcelone (50 et 100 m bien sûr).
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