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Poornima réclamait du suspect qu?il honore ses dettes

7 avril 2004, 20:00

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?SI SE li ki finn touye mo tifi, li bisin payé.? Kalawtee Jooty a une pointe de colère dans la voix. Mais ce que l?on entend surtout, c?est du désarroi. Elle vient juste d?apprendre que Sanjay Noyan, le principal suspect du meurtre de sa fille, Poornima Rambeerick, a été accusé provisoirement d?assassinat après être passé aux aveux.

Sanjay Noyan, alias ?Sanjay mafia?, et Poornima Rambeerick, dit Saroj, ont vécu ensemble huit mois environ à Terre-Rouge. Depuis quelque temps, la jeune femme était revenue vivre chez sa mère, à Barlow. Mais mardi, sans le dire à quiconque, elle se rend à Petit-Raffray pour voir Sanjay.

La rencontre n?est pas un rendez-vous galant mais un règlement de comptes. Poornima a l?intention de demander à son ex-compagnon de rembourser des dettes contractées auprès d?un magasin de meubles car elle recevait régulièrement, dit-elle, des rappels pour des achats effectués en son nom mais qui n?étaient plus en sa possession.

La discussion s?envenime alors et, selon le suspect, ?a mal tourné?. Au cours de son interrogatoire, hier matin, il a avoué aux hommes de Bala Kamachi, le surintendant de police, avoir d?abord étranglé Poornima avant de lui asséner six coups de couteau. Il aurait ensuite abandonné son corps à Bois-Daruty, à Petit-Raffray, où il a été retrouvé mardi matin.

?Li finn lak mo ser. Li finn lac mo ser?, ne cesse de répéter fébrilement Prakash Jooty, le frère de Poornima, peu après avoir identifié le corps à l?hôpital Victoria, de Candos.

Regrets amers

Sous le choc, il regrette de ne pas s?être montré plus insistant auprès de sa s?ur, lorsqu?il la prévenait de se méfier de Sanjay. ?Nou ti kroir qui Saroj finn fini pou de bon avec Sanjay?, murmure-t-il.

Ce mardi-là, ni Kalawtee ni Prakash ne savent que Saroj se rend à Petit-Raffray. Après ses occupations ménagères, elle prépare, comme à son habitude, son fils Yudish, âgé de 4 ans. Son van vient le chercher pour l?emmener à l?école maternelle de la région.

?Dernie fwa ki mo trouv Saroj dan la cour, so portable ti dans so la main?, se souvient Prakash. A-t-elle prévenu Sanjay qu?elle passera ? Personne ne le sait. ?Apre, mwa ek mo mama, nou finn al dan karo?, dit le frère.

Saroj avait l?habitude de passer son temps libre chez une proche qui habite la même cour. Son absence, pendant la journée, n?intrigue de fait personne. Mais, le soir venu, Kalawtee reçoit un coup de téléphone. On lui demande si sa fille portait bien une robe grenat, une paire de savates et si elle portait au bras les lettres P. J. tatouées. ?Letan mo tann sa bann detay la, mo fini koné mo tifi sa?

Les funérailles de Poornima ont eu lieu hier matin, vers 10h30. Le suspect comparaîtra de nouveau en cour mercredi prochain.

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