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Politique monétaire : ce qui attend emprunteurs et épargnants
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Politique monétaire : ce qui attend emprunteurs et épargnants
Juguler l?inflation. La Bank of Mauritius (BoM) s?y attelle résolument. Outre son taux d?intérêt directeur (le Repo rate), elle agit également sur le Cash Reserve Ratio (CRR) dans le but de réduire le volume des liquidités dans le circuit monétaire. En effet, la BoM a pris l?initiative d?augmenter son CRR de 200 points, le faisant passer de 4 % à 6 %.
Cela implique, pour les banques commerciales, l?obligation légale d?augmenter leur dépôt auprès de l?institution monétaire, sans aucune rémunération. Ce faisant, la BoM amène ces banques à prêter moins d?argent à leur clientèle. Cela a pour conséquence de diminuer la demande des entreprises et des ménages et de contribuer à contrôler la tendance inflationniste.
Mais pour les banques commerciales, déposer de la liquidité non rétribuée à la banque centrale entraîne un manque à gagner important. Pour la plupart, elles le répercutent sur les taux d?intérêt, à l?emprunt (Prime lending rate) et à l?épargne (saving rate). Elles peuvent s?y prendre de trois façons différentes, dépendant des objectifs de liquidités poursuivis. Soit en baissant exclusivement leurs taux d?intérêt à l?épargne. Elles peuvent également choisir, simultanément, d?augmenter leur taux emprunteur tout en diminuant le taux à l?épargne. Finalement elles peuvent augmenter les deux taux, mais avec un accroissement plus accentué du taux emprunteur.
Déjà, Oomesh Mungroo trésorier de la Barclays, déplore cette mesure «C?est un coup dur pour nous. Il faudra mettre à la disposition de la Banque de Maurice des dizaines de millions de roupies qui ne seront pas rémunérées. Le CRR s?appliquera sur les dépôts et les coûts doivent être répercutés à la clientèle. Soit nous décidons d?abaisser exclusivement nos taux d?intérêt à l?épargne pour supporter le manque à gagner, soit nous augmentons nos taux à l?emprunt tout en diminuant de façon modérée nos taux à l?épargne ou finalement d?augmenter simultanément et le taux à l?épargne et le taux à l?emprunt, mais avec le taux à l?emprunt augmenté de façon beaucoup plus conséquente que le taux à l?épargne.»
Manque à gagner
Sandeep Uppal, Chief Executive Officer de la HSBC Bank est du même avis. Il estime que «Maurice n?est pas immunisée contre les pressions inflationnistes mondiales. Nous avons vu des banques centrales à travers le monde utiliser une combinaison de la hausse des taux d?intérêt et de l?augmentation du CRR. Bien que l?augmentation du CRR ne soit pas la méthode idéale pour un centre international, cette décision ne nous surprend pas. Etant donné que cela permettra d?éponger un volume substantiel de liquidités du circuit monétaire, nous devons nous attendre à une augmentation des taux d?intérêt. Cela aura pour conséquence de relever sans aucun doute le coût des emprunts aussi bien des entreprises que celui des individus».
Quant à Aisha Timol, Chief executive de la Mauritius Bankers? Association, elle estime que «les banques commerciales ont une obligation supplémentaire d?augmenter le volume de leurs dépôts auprès de la BoM sans aucune rémunération en contrepartie. Dépendant du volume de leurs liquidités, elles pourront choisir entre augmenter ou diminuer leur taux à l?épargne, ou accroître leur taux à l?emprunt ou bien faire une combinaison des deux. Chacun devra décider, d?ici le 15 août, quelle attitude adopter. Cela se fera en tenant compte de leur position respective, leur clientèle, le volume de liquidité. Pour les entreprises, l?augmentation du taux d?intérêt augmenterait leur coût».
Mais pour Raj Dussoye, Chief Executive de la Bank One (ex First City Bank), les taux d?intérêt resteront inchangés dans son institution: «Nous n?avons pas, à Bank One, l?intention de modifier nos taux d?intérêt à l?épargne comme à l?emprunt, suite à cette décision de la Banque de Maurice. En principe, l?augmentation du Cash Reserve Ratio entraîne, pour les banques, un manque à gagner qu?elles répercutent sur les taux d?intérêt appliqués à leur clientèle. Mais Bank One ne prendra pas une décision affectant ses clients, car nous avons toujours opéré avec plus de 6 % de réserves. De plus, le volume de liquidités disponibles dans les coffres de la banque nous permet de faire face aisément à la demande de crédits de nos clients.»
Mais du côté de la MEXA, une augmentation éventuelle du taux d?intérêt à l?emprunt par les banques est mal accueillie. «Il ne faudrait pas que l?augmentation du Cash Reserve Ratio conduise à une augmentation du taux d?intérêt à l?emprunt des banques. Ces dernières réalisent déjà des marges bénéficiaires assez conséquentes. Cela devrait les dispenser de se substituer à la Banque de Maurice ou à son Monetary Policy Committee».
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