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Police vs Dev Hurnam : l?heure du jugement a sonné
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Police vs Dev Hurnam : l?heure du jugement a sonné
Dev Hurnam a-t-il fabriqué ou non un alibi pour son client accusé du braquage de la succursale de la State Bank of Mauritius (SBM) de Grand-Bois, le 4 mai 2000 ? L?avocat maintient que cela n?a jamais été le cas. Le client, Soobashing Bholah, affirme lui que c?est l?avocat qui lui a suggeré cet alibi. Lundi, la cour a entendu les dernières plaidoiries. Elle se prononcera le lundi 11 août 2003.
Le procès s?est déroulé devant le Full Bench de la cour intermédiaire, présidée par la magistrate Rehana Mungly-Gulbul et composé des magistrats Denis Vellien et David Chan. La poursuite était représentée par Me Satyajit Boolell, Assistant Solicitor General, Me Rajesh Ramloll, Senior State Counsel et Me Drudeisha Caullychurn, State Counsel. La défense était assurée par Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, ainsi que Mes Antoine Domingue et Veda Baloomoody.
Soobashing Bholah est interpellé le 4 mai 2000, peu après le hold-up. Il est emmené au poste de Rose-Belle. Son frère, Kailashsing Bholah, prend contact avec Me Dev Hurnam et le rencontre le lendemain, 5 mai, à son étude à Port-Louis. Me Hurnam se rend peu après au poste de police de Nouvelle-France, avec ses confrères, Mes Siddhartha Hawoldar et Ashley Hurhangee. Il rencontre Soobashing Bholah dans l?Inquiry Room du poste pendant une trentaine de minutes. Il effectue une entrée dans le Diary Book selon laquelle il est désormais l?avocat du détenu. Toute déposition devra donc être consignée en sa présence.
L?acte d?accusation contre Soobashing Bholah est émis le 22 février 2001. Il est traduit en cour et nie avoir participé à ce hold-up. Il avance l?alibi suivant : il était à l?heure du hold-up au Fitness Centre de Forest-Side. Son frère affirme l?avoir accompagné. Mais quatre mois plus tard, cet argument se révèle être faux. L?accusé lui-même revient sur sa déclaration. Il plaide coupable et rejette la responsabilité du faux alibi sur son avocat. Après enquête de police, Me Hurnam est interpellé et poursuivi en justice. Alors que la poursuite soutient que le complot entre l?avocat et l?accusé a été ourdi le 5 mai 2000 au poste de police de Nouvelle-France, la défense maintient que l?alibi a été entièrement fabriqué par les frères Bholah qui ont convaincu leur avocat.
Pour Me Ivan Collendavelloo, Soobashing Bholah n?est pas crédible. Son contre-interrogatoire contient des contradictions. De plus, il a fourni cet alibi le jour même de son arrestation, le 4 mai 2000. Il ajoute que Soobashing Bholah a, à chaque fois, cherché ?un bouc émissaire?. La poursuite rejette cet argument. ?Soobashing Bholah is a witness of truth?, soutient Me Satyajit Boolell. La version du témoin corrobore celle d?un autre témoin de la poursuite. Un sergent de police est venu en cour expliquer, croquis à l?appui, les mouvements au poste de police le 5 mai. Me Collendavelloo a également joué sur un autre argument : son client, dit-il, n?a pas bénéficié du même traitement que les autres avocats présents ce jour-là à Nouvelle-France. La police, souligne-t-il, a attendu ?presque trois ans? pour consigner la déposition de Me Hawoldar.
Dans le cas de Me Hurhangee, les enquêteurs ont été jusqu?à vérifier les entrées au poste de police alors que son client n?a pas bénéficié de la même considération.
Ce procès aura connu de multiples rebondissements : à la fin de l?année dernière, la défense avait présenté une motion pour rayer l?acte d?accusation contre l?accusé. Elle a été rejetée. Cette année, la défense a contesté une partie des procès-verbaux, écrite de la main de la Presiding Magistrate. L?accusé a fait expertiser une photocopie du fragment. Une fois de plus, le Full Bench a retenu les objections de la poursuite. La graphologue britannique n?aura été appelée à la barre qu?une demi-heure?
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