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Point Barre : Un point partout
L?enflure des mots. La cicatrice du sentiment. Langue déliée, la plume ailée, les poètes se laissent aller. A dire ce qu?ils souffrent, ressentent. Des mots durs, ses paroles soyeuses pour la troisième livraison de Point Barre, revue de poésie contemporaine. Intitulée Nos fleurs du mal, elles font leurs classes du côté de chez Charles.
Inspirant le capiteux de ses Fleurs maudites. Expirant leurs péchés, leurs pensées en rime. Une vingtaine de poètes. Des connus tels qu?Edouard Maunick ou Ananda Devi. Aux plus discrets. Des copies visées par le comité de lecture auquel vient de se joindre Catherine Boudet de la Réunion. Venue en renfort auprès de Gillian Geneviève, Alex Jacquin-Ng et Umar Timol. Le tout publié par Cygnature Ltée, avec le soutien du service culturel de l?Ambassade de France.
Créée en octobre 2006 dans le but d?offrir une plate-forme aux poètes de Maurice et d?ailleurs, ?sachant que la plupart des éditeurs se recroquevillent au moindre vers?.
Le prochain numéro ? le quatrième ? sera consacré aux ?uvres sortant des sentiers battus ; il aura pour titre ?Anti-poèmes?. Les textes, en français, anglais ou créole, inspirés du titre susmentionné et d?une longueur maximale de 50 vers, doivent être adressés (en pièces jointes) au comité de lecture à l?adresse électronique suivante : [email protected]
La date limite pour la soumission des textes est le 15 janvier 2008 (sortie du numéro 4 en avril 2008). Le sommaire du numéro 3 peut être consulté en ligne : http://pages.intnet.mu/ykadel .
Roland s?est cassé à la tour sombre,
La geste des méchants héros continue,
Condamné à peindre sur les ténèbres nues
Roland n?est plus qu?une ombre
Le spleen l?a blousé
Chevalier pédant
Deux petits pieds sur une patte
Chablis dans une main
Canapé rance dans l?autre
Oui je sais, oui je sais
Faux cul
Vendu à la cause
Roland s?est barré à la tour sombre,
Et cela reste un mystère,
Il change le paradis en enfer
Roland à la mine sombre
Rose prose
Baise de braise
Salope à clope
Interlope de lopettes
Opérette d?intellects
Pipes sélectes
Introït coïtal
Coïtys Impromptu
Je suis l?héautontimorouménos
J?ai un énorme hachoir à viande
Je hache
Je tranche
Les mots
Les gens
Je suis l?héautontimorouménos
J?ai une bite énorme
Je baise
J?encule
La prosodie
?La poésie?
Alex ? Alex ! Qu?est-ce que tu fais là ?
Crénom !
Je suis un oxymoron
Je viens de la rue
Et je suis assis dans les salons
De l?Ouranos
Crénom !
Je suis le fils bâtard de Dionysos
Je viens de la rue
Et je flatte la croupe maigre
De Perséphone
Alex JACQUIN NG
BEAU DELIRE
J?effleure le mal comme
au temps du délire
Lorsque sa chevelure dénudait
mon âme
Et qu?assassins ses yeux
posaient telle une lame
Une cicatrice de baiser
sur ma lyre
J?avoue que sa langue
alanguie ourlait ma peau
La porte de l?enfer soumise
par endroits
Aux caresses bégayantes
de ses dix doigts
S?ouvrait sur un décor dans l?absinthe des mots
Nous buvions nos quinze
ans au souffle du désir
Puisant du poème l?once
de volupté
L?étincelle qui se meut en feu indompté
Illuminait nos corps refusant
de gésir
Comme deux galopins en mal
de découvertes
Dans le texte interdit
où césurent les sens
Nos baisers trempés au buisson de l?innocence
Irriguaient ces fleurs du mal enfin découvertes.
Michel DUCASSE
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