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Podium : Clo-clone sur CANAL +

13 mars 2005, 00:00

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Il fallait le faire, il fallait oser s?attaquer au mythe de la chanson française, Claude François. Mais comment aborder, sans fanatisme ni moquerie, un personnage aussi immense. Yann Moix, écrivain et réalisateur, a trouvé une solution en parlant des grandes idoles de la chanson à travers de parfaits inconnus, leurs sosies.

De son roman Podium, drôle et dérangeant, il a réalisé une adaptation également douce-amère, qui fait rire mais laisse une impression très étrange. A voir le lundi 14 mars à 17h15 sur Canal +.

La géniale trouvaille de Yann Moix est d?avoir confier le rôle titre à Benoît Poelvoorde. Le trublion belge, devient ainsi Bernard Frédéric, le meilleur sosie de Claude François de tous les temps, sosie névrotique et radin. Pour sa famille il a laissé sa passion. Mais aujourd?hui il est rattrapé par le temps et par Couscous, son ex-meilleur ami et sosie de Michel Polnareff.

Pour un premier film, Yann Moix s?en sort plus que bien. Fidèle au ton du livre, pas si comique que ça à bien lire, il offre dans le film les portraits de personnages hauts en couleurs disco et yéyé.

Les personnages sont très bien croqués. Les acteurs sont parfaits dans chacun des rôles à commencer par Benoît Poelvoorde se donne corps et âme dans le film, apprend à chanter et danser comme Claude, porte presque le projet sur ses épaules. En second rôle, encore, Jean Paul Rouve, Robin des Bois, en sosie de Polnareff est hallucinant.

Le monde décrit est presque irréel, tant les personnages semblent débarquer. Un monde où le fanatisme est religion, l?idole est déifiée.

Ce n?est pas une franche comédie. C?est même pathétique à de nombreux moments et les promoteurs ont sûrement eu tort de miser la publicité du film sur l?humour de Poolvoerde, car nombreuses ont été les déceptions.

En portant Cloclo à l?écran, il parle de plusieurs générations, parle d?amitié, d?admiration. Le réalisateur ne se pose pas en moralisateur, ne défend pas le Cloclo auteur de l?une des plus belles chansons d?amour et ne se moque pas non plus du Cloclo guignol à paillettes. Il réussit au moins à faire sourire, à se rappeler d?une figure immense de la chanson française.

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