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Plus de 50 cadavres retrouvés sur des lieux de magie noire au Nigeria
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Plus de 50 cadavres retrouvés sur des lieux de magie noire au Nigeria
La police nigériane a découvert plus de 50 cadavres et 20 crânes humains dans deux lieux de pèlerinage consacrés à la magie noire dans le sud du pays. Trente adeptes de sorcellerie ont été arrêtés dans une opération de police à Okija, à 500 km à l?est de Lagos, et une enquête a été ouverte pour déterminer l?origine de ces cadavres, a indiqué le chef de la police de l?Etat d?Anambra.
Le commissaire de police, Felix Ogbaudua, a expliqué que «20 crânes ont été découverts, à proximité d?un cadavre. Dans la forêt hantée, nous avons trouvé beaucoup plus de corps, vraiment beaucoup, probablement plus de 50».
Le porte-parole de la police d?Anambra, Kolapo Shofoluwe, a indiqué qu?il pouvait s?agir de meurtres rituels ou de trafic d?êtres humains, précisant que «ces chefs d?inculpation seront retenus contre les suspects». Des groupes criminels de la région recourent parfois à des pratiques occultes pour obtenir des corps ou des membres humains destinés à des rituels.
M. Shofoluwe a précisé que la police n?avait pas pu déterminer les circonstances du drame. «Les gens de la région ont dit qu?il y avait des lieux de pèlerinage où les gens allaient pour régler des différends, pour déterminer qui mentait ou qui disait la vérité, mais d?après ce que nous avons découvert jusqu?ici, c?était plus que ça».
«C?était une association de malfaiteurs qui escroquaient les gens. Ils font toutes sortes de choses, ils les hypnotisent et prennent leur argent», a accusé M. Ogbaudu.
«DES MEURTRES RITUELS»
La police avait conduit une première opération dans la zone d?Okija mardi et avait alors découvert les crânes humains et un cadavre. De retour sur les lieux mercredi, les policiers ont découvert dans la forêt des dizaines de corps dispersés dans la zone, a expliqué le commissaire.
Le chef de la police a expliqué que les corps «étaient dans des cercueils, certains avaient déjà diminué de taille. Il n?y avait ni odeur, ni une seule mouche. Cela indique que des produits chimiques ont dû être utilisés sur ces corps».
Bien qu?une large majorité des 126 millions de Nigérians soient chrétiens ou musulmans, les traditions animistes et fétichistes persistent dans de nombreuses régions. Des festivals annuels en l?honneur des dieux anciens ont lieu en fin d?année et des lieux de pèlerinage consacrés à la magie noire attirent beaucoup de visiteurs à l?occasion de festivals de musique et d?art.
Mais certaines sectes, comme celle découverte à Okija, opèrent dans le secret et recourent à la violence pour accumuler richesses et pouvoir, dans un pays où quatre personnes sur cinq doivent vivre avec moins d?un dollar par jour.
«Le besoin d?argent conduit certaines personnes à commettre des meurtres rituels», explique Felix Fatai Bakare, professeur à Osogbo, dans le sud-ouest du Nigeria, où se trouve l?une des plus célèbres forêts sacrées du pays. Il ajoute que des personnes «convainquent des désespérés qu?ils peuvent devenir riches, qu?une fois qu?ils auront apporté des membres humains destinés à des pratiques rituelles, ils deviendront instantanément millionnaires».
Les principales églises nigérianes condamnent, sans grand succès, la violence rituelle. Le révérend Père Gabriel Osun, porte-parole du diocèse catholique de Lagos, estime que «la commercialisation de membres humains et le goût du pouvoir, économique et politique, conduisent les gens à commettre des meurtres et des sacrifices rituels».
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