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Plus ça change dans l?éducation, plus c?est la même chose, sinon?

21 juillet 2005, 20:00

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Ayant intériorisé l?essentiel des deux articles de Raj Meetarbhan, intitulés Remonter le temps et La campagne est finie, j?arrive à la conclusion qu?il est un ardent défenseur de la réforme menée par l?ex-ministre Steven Obeegadoo. Je le suis aussi, car les réalisations qui en découlent démontrent une volonté et du courage politiques unanimement reconnus qui laissent un héritage plus que jamais palpable. Il y a des acquis autour desquels il faudra construire. Ces articles font aussi un plaidoyer contre le ranking.

Tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes depuis l?introduction du grading et de la régionalisation ? Avec l?avènement du nouveau gouvernement, qui remet en cause les Form VI schools, les protagonistes ne se font pas prier pour monter au créneau. Ranking ou pas ?

L?essence même de mon article est une quête pour une éducation de qualité, où toutes les ressources dont dispose mon pays puissent être ulilisées à bon escient.

Monsieur Meetarbhan, messieurs les syndicalistes et pédagogues, bref, toutes les parties impliquées dans l?éducation nationale, principalement au primaire, éclairez-moi afin d?enlever mes visières qui me forcent à ne voir dans mon quotidien que les faits suivants :

  1. La compétition à outrance pour avoir certains collèges qui ne se nomment plus Royal College Curepipe-Port-Louis, QEC, Maurice Curé, mais SSS Ebène garçons-filles, SSS Sodnac, entre autres, et les collèges confessionnels. Avec en prime le manque de transparence, sauf pour le Mauritius Examinations Syndicate (MES) qui est dans le secret des dieux dans la school allocation ! Même les places réservées des collèges confessionnels ont connu le même sort, car elles sont maintenant allouées par le board de chaque collège. Toujours concernant la rat race, on aime bien dire que les élèves brillants se battaient pour une fraction de point. Aujourd?hui, ces derniers ont tout bonnement raccroché parce que la course aux 4 ou 5 A est gagnée d?avance pour eux. N?est-ce pas là une des raisons de la récente venue de deux experts britanniques, Tim Dacrup et Cari Morgan, pour des séminaires sur les surdoués/élites ? Maintenant, la compétition farouche existe parmi les moyens qui se disent que les 75 points pour l?obtention d?un A et éventuellement des 4 ou 5 A sont plus accessibles.

  2. Les leçons particulières, qui au dire de certains ont volé l?enfance des enfants du primaire, sont toujours dispensées officiellement dans l?enceinte des écoles et en privé.

  3. Le taux d?échec est sensiblement le même qu?avec le ranking. Certes, un plus grand nombre de recalés sont et seront accueillis dans les prevocational avec la nouvelle législation de la scolarité obligatoire jusqu`à 16 ans. Ne doit-on pas admettre que le bilan déposé des vocational schools s?est soldé par un échec ?

  4. Les élèves ploient sous leurs sacs à dos.

  5. La course vers les 5 Star Schools primaires continue, alors que certaines institutions moins demandées ont été partiellement ou totalement converties pour d?autres besoins.

  6. Le curriculum est toujours chargé, le programme d?EVS revu et corrigé a été remplacé par histoire & géographie et la science.

  7. Les manuels scolaires sont encore volumineux.

  8. Et, la cerise sur le gâteau : le dernier-né des monstres, le nivellement par le bas. L?ayant anticipé ou l?ayant constaté à son niveau, le ministère a introduit le National Numeracy & Literacy Programme. L?abaissement du niveau est le résultat inévitable de deux facteurs : premièrement du concept mixed ability classes / unstreamed classes et deuxièmement, à un niveau moindre, d?un re-lâchement légitime à tous les niveaux. Avec le grading, l?objectif à atteindre n?est plus le maximum de points, mais un minimum de 75 points.

Principaux enjeux

En ce qui concerne le mode d?admission en Form I, je suis pour un ranking régional avec plus de zones. Les Form VI schools aideraient à la spécialisation.

Les enjeux principaux devraient être, à mon humble avis : l?échec scolaire, la mixed ability, la promotion automatique?.

Je laisse le mot de la fin au MES qui, dans son Report on Core Subjects de mai dernier, cite : ?The trend observed over the last years concerning the decline in the level of reading and writing is persisting and worrying.?

Stephen BONNE (Deputy Head Teacher St-Jean-Bosco RCA)

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