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Plan d?urgence pour la formation hôtelière
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Plan d?urgence pour la formation hôtelière
Si Maurice veut atteindre ses objectifs de croissance dans le tourisme et attirer deux millions de visiteurs par an, la destination devra doubler sa capacité d?accueil. Mais qui dit nouvelles chambres dit également plus de personnel avec une formation poussée. Et déjà les experts citent un chiffre : il faudra former plus de 3 000 personnes chaque année. Or, on est encore loin du compte?
L?Ecole hôtelière forme 900 personnes aux métiers de l?hôtellerie et du tourisme : en restauration, hébergement ou administration. L?université de Technologie de Maurice, elle, accueille une soixantaine d?étudiants en hôtellerie et tourisme, chaque année.
?Nous préparons un plan d?urgence pour la formation?, annonce Patrice Legris, directeur de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (Ahrim). Il préside le comité tourisme du Human Resource Development Council. Ce plan devra tenir compte des besoins en fonction des secteurs de l?hôtellerie. Pour Patrice Legris, il s?agira de tripler le nombre de diplômés qu?une institution comme l?Ecole hôtelière met sur le marché du travail par an. Il s?agira aussi d?optimiser l?utilisation des infrastructures existantes, en dehors des facilités désormais limitées de l?Ecole hôtelière.
?Des organismes comme Business Parks of Mauritius ont des facilités qu?ils pourraient mettre à notre disposition?, insiste le directeur de l?Ahrim. A ce stade, il est exclu d?investir dans de nouveaux bâtiments. Dans la foulée, l?aide de pays comme la Suisse ou Singapour, pour l?apport de formateurs, peut être très utile. Le secteur para-hôtelier a lui aussi un important besoin en formation.
Mais, sur le terrain, un constat est accablant et a trait à la motivation des jeunes. ?Le facteur motivation est en net recul chez nos élèves depuis plusieurs années déjà?, confie un formateur de l?Ecole hôtelière. Ils n?ont plus le même profil que leurs aînés des années 1970 et 1980. Plus exigeants pour les salaires, ils le sont aussi pour les conditions d?emploi. Ils refusent de démarrer au bas de l?échelle.
L?hôtellerie doit faire face à un dilemme : employer des gens trop qualifiés ou pas qualifiés du tout. ?Les postes non-qualifiés n?existent plus. Or ceux qui n?ont pas grand chose semblent peu disposés à faire des efforts?, lâche Tiburce Plissonneau-Duquène, le directeur de Beachcomber Training Academy.
Atteindre les objectifs imposés par un besoin de croissance ne sera donc pas chose facile. Les experts prévoient déjà des vagues de débauchage lors de l?ouverture des nouveaux établissements. Il pourrait même y avoir importation de main-d??uvre. Un scénario ?catastrophe?, mais une solution dictée par des exigences de rentabilité.
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