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Plan de bataille contre le chômage dans les régions défavorisées

25 juin 2007, 00:00

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Le gouvernement se préoccupe de la prévalence du chômage chez des personnes peu qualifiées, en particulier chez les femmes. Le dernier budget prévoit plusieurs projets à cet effet, notamment sous l?Empowerment Programme (EP). Un vaste chantier de recrutement, de formation et de réinsertion professionnelle démarre bientôt.

?L?EP va travailler en collaboration avec les organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur privé pour trouver des solutions à ce problème de chômage de longue durée. (?) Le budget prévoit une somme de Rs 275 millions pour la formation et la réinsertion professionnelle?, explique le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, lors de sa conférence de presse samedi dernier. ?Nous voulons aussi donner l?occasion aux femmes de s?adonner aux métiers qui sont traditionnellement pris par les hommes. Nous sommes aussi en train d?encourager les micro-entreprises et l?artisanat pour combattre le fort taux de sans-emploi chez les femmes.?

37 % des 44 200 chômeurs (chiffres de 2006) sont restés sans emploi pendant plus d?une année. La plupart d?entre eux sont des personnes ayant un faible niveau d?instruction (26 % des sans-emploi n?ont pas le CPE et 44 % ne détiennent pas un School Certificate ? SC). Le gouvernement entend apporter des solutions urgentes à cette situation qui ne fait qu?accentuer la pauvreté dans certains quartiers de l?île.

L?EP vient de démarrer un projet pilote à Port-Louis pour toucher les chômeurs des banlieues de la capitale. Le programme consiste à sensibiliser les sans-emploi aux possibilités d?embauche et de formation dans les différents secteurs d?activité. ?Nous allons sur le terrain pour établir un profil des chômeurs au moyen de questionnaires. A partir des profils établis, nous contactons les entreprises qui sont en train de recruter. Nous prévoyons aussi des jobs fairs sur une base régionale pour mieux cibler notre démarche?, explique Hootesh Ramburn, coordonnateur de l?EP. L?exercice sera renouvelé dans d?autres endroits à travers le pays.

L?EP propose aux chômeurs d?intégrer le monde du travail moyennant un apprentissage en entreprise et au moyen d?une formation formelle pour assurer une mise à niveau de leurs aptitudes par rapport aux vacances qui sont disponibles.

Le processus de recensement et d?accompagnement des chercheurs d?emploi se fait avec la participation des ONG et des forces vives des localités concernées. Le projet pilote a démarré dans la région de Roche-Bois. Les premières données recueillies suggèrent déjà quelques pistes d?intervention.

<B>?Certaines régions souffrent de préjugés?

?Il y a beaucoup d?intérêt pour les métiers du commerce, de la construction et de l?hôtellerie. Par contre, peu de gens sont intéressés par le textile-habillement. Ce secteur fait toujours peur?, constate Lindsay Morvan, travailleur social connu dans la région et qui agit comme facilitateur de ce projet.

Celui-ci explique que des exercices de recrutement et de placement dans ces localités dans le passé n?ont pas donné les résultats escomptés. ?Certaines régions, tel Roche-Bois souffrent d?un préjugé. Dans certains cas, les employeurs n?ont même pas voulu rencontrer les postulants pour une entrevue. Il y a aujourd?hui un accent sur la formation mais aussi sur la préparation psychologique pour affronter les interviews, par exemple.?

Roche-Bois et les régions avoisinantes souffrent d?une forte prévalence de chômage de longue durée en raison du taux d?échec scolaire élevé qui y existe. ?La majorité des chômeurs dans ces localités n?ont pas le SC. Il y a aussi beaucoup qui sont restés pendant plus de deux ans sans activité. Les gens attendent beaucoup de ce programme?, commente Lindsay Morvan.

<B>Cours en bâtiment pour les femmes</B>

Parallèlement à ces initiatives, en vue de réabsorber les sans-emploi dans les poches de pauvreté, il y a aussi des programmes dédiés aux femmes chez lesquelles persiste un fort taux de chômage (deux chômeurs sur trois sont des femmes).

Une campagne de sensibilisation aux opportunités d?intégration professionnelle et de petits business démarre la semaine prochaine. Le village de Mahébourg sera touché en premier. ?Il y a d?abord un volet de formation et de réinsertion professionnelle pour les femmes qui souhaitent prendre un emploi. Deuxièmement, nous mettons beaucoup d?accent sur les perspectives des micro-entreprises?, avance Aline Wong, industrielle et responsable du dossier d?intégration professionnelle des femmes à l?EP.

L?Industrial and Vocational Training Board (IVTB) va bientôt lancer des cours en bâtiment destinés aux femmes. Cela donnera l?occasion aux femmes de s?aventurer aux métiers dits masculins.

L?EP prévoit divers types d?accompagnement à celles qui veulent se mettre à leur propre compte. Il y a aussi la possibilité aux femmes de se regrouper en coopérative. L?élevage, la culture potagère et florale et l?artisanat sont quelques-uns des créneaux identifiés. A Bambous, par exemple, des femmes se sont regroupées autour d?une activité d?élevage de canards. ?On peut s?attendre que dans un deuxième temps, elles se lancent dans l?exploitation des sous-produits tel le foie gras?, dit Aline Wong.

A Albion, des femmes se constituent en réseau en marge de l?ouverture prochaine de l?hôtel Club Med dans la localité. ?Nous sommes en pourparlers avec les hôtels pour qu?ils s?approvisionnent aussi auprès des micro-entreprises dans leurs régions. Les femmes d?Albion, par exemple, pourront écouler des légumes bio et des fleurs auprès du nouvel établissement hôtelier?, affirme notre interlocutrice.

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