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PILS: Une énergie contagieuse

30 novembre 2008, 20:00

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PILS: Une énergie contagieuse

Dans le cadre de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, (Prévention Information et lutte contre le sida (PILS) organise une quête nationale du 1er au 3 décembre 2008, afin de donner la chance à chaque Mauricien de se sentir impliqué. Itinéraire de cette association qui a été à l’avant-garde de la lutte contre le sida à Maurice.

PILS en 2008

« Les gens nous disent que ce que nous faisons est super. Mais à PILS, on n’est jamais satisfait»
 
Comment être satisfait quand certaines personnes croient encore qu’elles peuvent être atteintes par un baiser, la salive d’une Personne Vivant avec le VIH (PVVIH) ou les piqûres de moustiques?» s’interroge le principal animateur de PILS, Nicolas Ritter. Le mot d’ordre pour les membres de PILS est, aujourd’hui comme autrefois, de sensibiliser encore et encore. Ils essayent de rester dynamiques, rapides et toujours innovants dans leurs propositions.

En outre, lors du dernier exercice budgétaire (2008/2009), le gouvernement a doublé sa dotation annuelle à l’association. La contribution de l’Etat est passé de Rs 650 000 à Rs 1.5 million. PILS pense que cette décision est fortement liée à son «plaidoyer actif dans les médias locaux», mais garde les pieds sur terre. «Derrière, il y a une perpétuelle remise en question», affirme Nicolas Ritter. Il ajoute qu’il lui faut renforcer l’administration de l’ONG. «Le problème de l’association, c’est que nos compétences ne sont pas assez reconnues. Nous sommes sous-payés», ajoute-t-il. Il arrive aussi à l’association de se demander si elle pourra payer son personnel. La subvention gouvernementale représenterait environ 10% des besoins totaux et 30 % du budget de fonctionnement de l’association. Toutefois, malgré des fins de mois difficiles, plus d’assistance étatique, PILS n’en voudrait peut-être pas. Par souci de garder son indépendance financière, ne souhaitant pas être «muselée» par des allocations gouvernementales trop importantes.

Il y aurait aussi certains volontaires, finalement pas si volontaires… «Souvent nous formons des gens, qui nous quittent peu de temps après leur formation», confie-t-on à PILS. Leur nouveau bagage en mains, les «volontaires» partent travailler ailleurs, perpétuant ainsi le manque d’effectif chez PILS.

Réalisations

Le 27 novembre 2008, PILS inaugure officiellement son site internet (www.pils.mu) et son nouveau logo. Cette année, l’ONG a aussi lancé Sidaware, un projet à long terme sur le sida, à domicile, pour renforcer les actions de prévention dans l’île. En 2007, PILS a effectué 87 actions de prévention et de formation, 33 dans le secteur privé et 34 dans d’autres structures, notamment les centres communautaires et auprès des chefs religieux. 3 500 personnes ont bénéficié de ces sessions. De plus, l’ONG a distribué plus de 64 000 préservatifs en 2007. Hormis son numéro vert (plus de 750 appels en 2007), son centre de documentation mis à jour régulièrement, la création de matériels d’information sur le VIH/sida et sa campagne médiatique annuelle (dont la plus récente, Pa akoz li ena sida ki bizin mette li apart), PILS ambitionne d’offrir des services de dépistage anonyme et gratuit très bientôt. L’association recherche également un infirmier qui travaillerait, en partie, au sein des prisons.

L’armée de PILS

L’ONG compte 30 volontaires. Le statut de volontaire se mérite chez PILS. Les intéressés suivent d’abord une formation en commun. Puis, chacun choisit un des champs d’intervention de l’ONG: entre hotline, prévention ou soutien. Une formation supplémentaire leur est dispensée selon leur préférence. «Nous investissons dans ces volontaires et nous attendons qu’ils s’investissent en retour», fait-on ressortir à PILS. Avant d’être confirmés et intégrés comme volontaires de PILS, ils doivent passer un entretien devant un psychologue. Ce dernier identifiera les personnes qui ne se sentent pas bien eux-mêmes. L’ONG rejettera alors leurs candidatures. Nicolas Ritter est d’avis que ces personnes ne s’engagent pas pour les bonnes raisons. Comment aider les autres si on a soi-même des problèmes? Les candidats retenus consacrent généralement quatre à six heures de leur temps à l’organisation.

De nombreux jeunes bénévoles à PILS

Par contre, le statut de bénévole diffère de celui du volontaire. 200 bénévoles sont enregistrés chez PILS, des jeunes âgés de 15 à 20 ans, «qui se sentent concernés» par la lutte contre le sida. Eux, ils participent à l’organisation des fêtes et marches de l’ONG.

Naissance de PILS en 1996

PILS a été fondée en 1996 par Nicolas Ritter. Il l’a crée à l’aide de proches et d’amis quelques années après qu’il ait découvert sa séropositivité. Lui, il avait les moyens de se payer des antirétroviraux. Mais quid des séropositifs qui n’en ont pas?

A l’époque, l’association a été confrontée à une situation de déni total face au VIH/sida à l’Ile Maurice. Tout était à faire. PILS a compris la nécessité d’informer et de sensibiliser la population au sujet de cette maladie, ainsi que de créer une structure de prise en charge médicale des PVVIH. L’association a d’abord commencé à briser le silence, avec le soutien des médias locaux.

Vers la fin de 1996, quelques personnes atteintes osent prendre contact avec l’association. Soutenu par l’association RIVE, de l’île de la Réunion, PILS a mis sur pied un pont médical d’urgence afin de les sauver. Des volontaires de PILS, assistés par un médecin bénévole, le Dr Joy Backory, ont ensuite assuré le suivi médical et le soutien de ces PVVIH, à Maurice. Toutefois, cette structure d’aide opérait sur un mode artisanal et dans la quasi clandestinité. Ce n’est évidemment plus le cas aujourd’hui.

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