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Pieter Botha n?est plus

4 novembre 2006, 20:00

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Pieter Willem Botha, qui fut président de l?Afrique du Sud pendant les années 1980, les plus dures de l?apartheid, est décédé le 31 octo-bre, à l?âge de 90 ans. Celui qui était surnommé « Groot Krokodil » (« Grand crocodile » en afrikaans) en raison de ses positions intransigeantes, s?est éteint durant son sommeil, à son domicile situé près de Wildernes, dans la province du Western Cape (Sud-Ouest).

Né en 1916 dans une famille d?agriculteurs afrikaners ruinés, Pieter Willem Botha avait fait des études de droit grâce à une bourse avant de se lancer dans la politique à plein temps. Ses talents d?organisateur, sa férocité dans le combat politique, furent à l?origine de son ascension rapide au sein du Parti national (NP) au pouvoir, avec une entrée au gouvernement dès l?âge de 42 ans.

Des milliers de détentions

Il fut d?abord, à partir de 1966, minis-tre de la Défense, jouant un rôle pivot dans la mise en place d?une industrie de l?armement, alors que son pays était frappé par un embargo international sur les armes. En 1978, il prit la tête de son Parti national et devint premier ministre.

En 1984, après une modification de la Constitution, il devint président. Son parcours incarna la mainmise progressive de l?appareil militaro-sécuritaire sur le régime sud-africain.

D?états d?urgence en états d?urgence, les années 1980 virent des milliers de détentions sans procès, de tortures, d?exécutions par des escadrons de la mort, d?opérations commandos hors des frontières contre les opposants. Pressen-tant pourtant des changements, Botha tenta des réformes timides du régime, comme le Parlement tricaméral (Cham-bres pour Blancs, Indiens et métis) ou l?abrogation de quelques lois racistes.

Il ne réussit en fait qu?à s?aliéner la droite blanche la plus raciste, et à décupler l?impatience de la majorité noire. En 1987-1988, le président approuva pourtant les premiers contacts secrets avec l?icône de la lutte de libération noire, Nelson Mandela, encore en prison. Il le reçut même en 1989, mais une congestion cérébrale la même année le contraignit à démissionner de la présidence. Son successeur pragmatique Frederik De Klerk allait alors piloter la transition démocratique.

@ 2 006 Le Monde (Distribué par The New York Times Syndicate)

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