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Philippe Noiret? Un an déjà

22 novembre 2007, 20:00

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«L?un des maîtres de la scène et de l?écran.» C?est ainsi que Jacques Chirac, alors président de la France, a décrit Philippe Noiret, à l?annonce de son décès, à 76 ans. C?était, il y a un an, le 23 novembre 2006. Jacques Chirac souligne : «avec lui, c?est un géant qui nous quitte, l?un des maîtres de la scène et de l?écran, l?une des figures les plus marquantes et les plus attachantes du théâtre et du cinéma.» Philippe Noiret était tout cela. Et bien plus. Il témoignait, quelque part, d?une certaine «âme française». Sa voix, reste un des trésors du cinéma français. D?ailleurs, cette voix à la diction si parfaite, il l?a souvent prêtée aux documentaires traitant des deux guerres mondiales. Selon Dominique de Villepin, Premier ministre d?alors : «Philippe Noiret n?était pas seulement un acteur exceptionnel (...), il a incarné une certaine idée du cinéma : un cinéma exigeant et généreux, un cinéma de courage et d?engagement, un cinéma au plus près de l?homme.»

Né le 1er octobre 1930 à Lille, Philippe Noiret laisse derrière lui plus d?une centaine de films. Parmi, «Le vieux fusil» en 1976 et «La vie et rien d?autre» en 1990, pour lesquels il a obtenu le César de la meilleure interprétation masculine. Philippe Noiret avait commencé sa carrière dans plusieurs cabarets parisiens, notamment avec Jean-Pierre Darras, et avait rejoint le Théâtre national populaire (TNP) dirigé par Jean Vilar. En 2005, il a reçu la Légion d?honneur. Il estimait que celle-ci lui était attribuée par le public.

Le réalisateur Patrice Leconte qui avait collaboré avec l?acteur pour «Les grands ducs» en 1996 raconte : « (il )n?a jamais cherché à démontrer, il était tout le temps dans le vécu, dans le vrai, dans le simple. Plus il avançait dans ce métier et plus il simplifiait son jeu. Il avait compris avec philosophie, humour et humilité, que moins il en faisait, meilleur il était.»

On l?aura compris, avec sa disparition, c?est le monde du septième art ainsi que le niveau politique qui a été touché. C?est peut-être Jean Rochefort qui témoigne le mieux de l?esprit de celui qu?il appelle «un grand seigneur». Et du vide que laisse sa mort? «C?était un grand seigneur. Il m?a adoubé à l?élégance. Il y a quatre ou cinq jours, je suis avec lui, je rentre dans sa chambre. Il était chez lui sous la surveillance admirable de sa femme Monique Chaumette et de Frédérique, sa fille. Je suis bouleversé de le voir et il me dit : ?Ah, ne pleure pas, ça ne nous ressemble pas !? Il m?a donné du courage. Au bout d?un instant, je lui ai tenu la main. On était comme deux imbéciles la main dans la main. Un jeune médecin est entré et il a souri en nous voyant, deux vieux comme ça, la main dans la main : ça m?a donné du courage, le sourire de ce docteur. Le courage de lui demander : ?Est-ce que tu as peur ? Est-ce que tu es angoissé ?? Il m?a répondu : ?C?est assez emmerdant comme ça, si en plus j?étais angoissé !? Pendant cette heure, il n?a cessé de me faire rire. C?est une élégance, celle d?un seigneur.»

Aujourd?hui, cela fait un an que Philippe Noiret nous a quittés. Il s?en est allé en silence, dignement. Il a lutté jusqu?au bout. Fidèle à lui-même. Fidèle à la vie. Riche de cet humour si particulier. Celui qui le poussa à dire : «Le jour de mon mariage, j?avais l?air d?un grand homosexuel suédois...» Son idée du bonheur ? «Le cul s ur la selle de mon andalou, le nez au vent dans la fraîcheur du matin, avec les Pyrénées enneigées au loin. Et mon labrador qui, lui, sourit, la langue pendante.» Inclassable Philippe Noiret?

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