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Philippe ADONE preneur de sons et d?images
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Philippe ADONE preneur de sons et d?images
Depuis la naissance du cinéma, l?image a recherché le son. Depuis qu?il s?est intéressé au cinéma, Philippe Adone a cherché à percer les secrets de la prise de son. Pour lui, le son permet d?accroître l?authenticité de l?image qui est montrée. Il a tout à fait raison. Il se défend d?être ingénieur du son, parce qu?il n?a pas fait d?études poussées et préfère, à la place, l?appellation «preneur de son », plus modeste, comme lui. Pourtant, Philippe Adone a connu toutes les évolutions. Il a connu la période du 16mm, la vidéo, le U-matic, le Betacam et peut-être bientôt, le numérique. Il a également été au premier plan, dans son domaine, de certaines réalisations, telles Colas et Diégo l?Interdite de David Constantin. En ce moment, il aide l?équipe technique sur le tournage de La Cathédrale, le moyen-métrage adapté d?une nouvelle d?Ananda Devi et mise en images par Harrikrishna Anenden, son ancien collègue.
Le temps semble avoir eu peu d?emprise sur Philippe Adone, exception faite des cheveux. Philippe Adone n?aime pas parler de lui. C?est trop nombriliste. L?humilité est une valeur qu?il a c?ur de préserver. Devant l?objectif du photographe, il a beaucoup de mal à jouer le jeu. Pour l?interview, la première qu?il accorde, il est plutôt figé. Du moins, au début. Lancé sur son métier, il se décrispe rapidement, parce que là, il est en terrain connu.
Pour la petite histoire, Philippe Adone a débuté à la MCA alors que les locaux du Collège des Ondes se trouvaient encore au-dessus du bâtiment de la magistrature à Moka. Nous sommes en 1972. Une époque dont il parle avec nostalgie. Philippe Adone est alors embauché comme volontaire. Sous l?emprise de Philip Baker, monteur professionnel, devenu linguiste, il accepte de devenir assistant cameraman. « Le cinéma m?a toujours intéressé parce qu?étant né dans une famille qui aime le cinéma, j?ai été traîné depuis ma plus tendre enfance dans les salles de cinéma. » Ce sont surtout les heures passées au Cinéclub du Centre Culturel Charles Baudelaire, situé alors dans un quartier de Roches Brunes, non loin de la demeure familiale, que l?envie de percer les secrets de fabrication des films, commence à le titiller. Le poste d?assistant cameraman ne pouvait que le satisfaire.
Il travaille alors consciencieusement et compte Kenneth Noyau, Palmesh Cuttaree et Gaëtan Essoo parmi ses collègues. Il travaille bientôt en collaboration avec deux Canadiens venus tourner un documentaire sur l?île Maurice. Il assiste ces derniers au son. « Ma nature volontaire m?interdit de refuser toute proposition que l?on me fait dans le travail. J?ai accepté d?aider ces deux Canadiens au son. C?est comme cela qu?une perche à la main, j?ai senti une sorte de déclic. Je me suis senti tout de suite à l?aise. »
Dans ce métier où l?on est constamment appelé à se renouveler, Philippe Adone passe du son à la réalisation, puis au montage. S?il n?est pas derrière une table de mixage, il se trouve derrière l?écran d?un ordinateur, en train de jongler avec l?image et le son. Ce métier qui occupe ses journées depuis près de vingt-cinq ans, le fait regarder films, documentaires ou séries télé d?une manière particulière. « J?essaye de savoir où a été placé le micro ! » raconte-t-il dans un éclat de rire. Il s?interroge souvent à haute voix, ce qui ne manque pas de lui attirer les foudres de ses enfants, Emilie et Xavier, qui exigent qu?il se taise. Et pour savoir où est placé le micro pour prendre les voix et éliminer les bruits parasites, Philippe Adone cherche à savoir quel a été l?angle de la caméra et juge également le mouvement des acteurs où l?éclairage. Tout un programme !
Toujours prêt à donner de son temps à ceux qui aiment le cinéma, Philippe Adone trouve la jeunesse bourrée de talent. «La MFDC est sur la bonne voie. En voulant décentraliser ses activités, elle amène le cinéma vers le grand public. Même si l?affluence n?est pas toujours grande, le public mauricien a de la chance. » Parce que de la chance, il en faut toujours dans la vie. Et si tout était à refaire pour lui ? « La même chose. Je ne changerai rien. Je suis heureux ! » On l?avait remarqué !
Fenêtre sur Courts : Où est le public ?
Fenêtre sur Courts n?a pas attiré la grande foule. Pourtant, la MFDC avait choisi un bon cadre, le théâtre Serge Constantin. Mardi soir, seulement une trentaine de personnes étaient présentes dans la salle. On y rencontrait surtout les gens du métier dont Amick Teeluckdharry, Sylvio Hécube, Jean-Laval Plaiche, Shiam Persand, Utam Ramchurn ou encore Leslie Wallas Athanas.
Après la diffusion du magazine Genèse consacrée au sucre , le réalisateur Amick Teeluckdharry devait évoquer sa vie alors qu?il était enfant et parler de sa mère qui travaillait dans les champs de cannes. « Je suis très content car c?est la première fois que je vois une de mes ?uvres sur grand écran », a-t-il déclaré avant de répondre aux questions de ceux présents. Deux fictions et un documentaire ont suivi ce magazine. Notamment Radio Story, The Wetlands et Cri. Le public assez amorphe est tout de même resté scotché à Cri, la fiction de Shiam Persand, racontant le viol d?une muette. Ce festival a été une bonne occasion de se poser des questions. On n?arrive pas à comprendre comment les gens ne se sont pas rendus en foule à cet événement. Il s?agissait tout de mêmes d??uvres faites par des Mauriciens. L?entrée était gratuite. Le cadre idéal. Que voulaient les Mauriciens de plus ?
Même le gratuit n?y fait plus. Pourtant, on pensait que les Mauriciens seraient plus prompts à aller voir ce qui se fait dans leur propre pays. Le directeur de la MFDC a une lourde mission. Faire découvrir le cinéma. Dans nos colonnes la semaine dernière, il déclarait que la MFDC faisait un travail de pionnier. On commence à croire qu?il n?a pas tort
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