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Philip K. Dick, maître du “sci-fi”
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Philip K. Dick, maître du “sci-fi”
Philip Kindred Dick, le scénariste de Paycheck est né à Chicago le 16 décembre 1928. L’acte d’écrire prit naissance à la pension de Washington sous la forme de poèmes sur la souffrance. Puis Phil apprit la dactylographie et acheva son premier roman, Retour à Lilliput, dès l’âge de treize ans. A l’origine, il voulait devenir paléontologue, mais un jour il acheta un numéro de Stirring Science Stories au lieu de Popular Science, son magazine habituel. L’écriture ne constituait qu’un passe-temps; il travaillait à la boutique de vente et de réparation de télés et au magasin de radio et de disques.
En 1947, Dick s’inscrivit à l’université de California à Berkeley pour étudier l’allemand et approfondir ses connaissances en philosophie. Bien que forcé d’abandonner ses études au bout de quelques mois, les questions que ce premier contact avec l’université allait faire naître, qu’il commençait déjà à se poser devaient le préoccuper tout le restant de sa vie. “C’est de là que m’est venue l’idée d’une mystérieuse qualité de l’univers qui pouvait être abordée dans la science-fiction.” Il fit ensuite la connaissance d’Anthony Boucher, rédacteur en chef du Magazine Of Fantasy and Science-Fiction. Dick écrivit alors du fantastique et de la science-fiction à jet continu. Il continuait à produire une littérature générale, mais c’est la science-fiction qui se vendait, et bien.
Fin 1954, Dick avait publié 62 nouvelles (en tout juste trois ans de métier) et achevé son premier roman Loterie solaire. Avant d’écrire Loterie solaire, il avait achevé un manuscrit mainstream de 550 pages, Voices from the street, influencé par Flaubert et Stendhal. Il produisit plusieurs autres romans semblables durant cette première période, mais ils restèrent inédits.
Tous ses premiers romans, exception faite du Temps Désarticulé, parurent chez Ace Books, l’une des rares maisons d’édition qui publiait alors de la S.F., au tarif approximatif de $1000 par livre. Par la suite, il devait recourir à des stimulants durs pour abattre sa besogne.
(…) Après s’être retrouvé seul, en 1970, il remplit sa maison de gens de la rue, de jeunes drogués qui cherchaient un endroit où traîner. Beaucoup d’entre eux moururent ou contractèrent des maladies incurables. Au cours des dix-huit mois qu’il passa dans la rue, Dick aurait emmené onze de ses amis à l’hôpital psychiatrique local. Des gamins partaient sous ses yeux dans des voyages sans retour, des hommes sans défense se plongeaient dans d’autres mondes d’où ils n’émergeaient jamais plus. Dick les rejoignit; il n’écrivait plus, prenait d’énormes quantités de speed. Il partagea les faiblesses de ces gamins, ainsi que leurs souffrances. Le compte rendu le plus précis de cette expérience se trouve dans Substance Mort (1977), roman de science-fiction quasi réaliste que Dick mit près de trois ans à écrire. Il raconte l’histoire d’un agent secret qui perd le pouvoir de vivre dans deux mondes à la fois. Dans sa postface, Dick dédie son livre à ses amis victimes de la drogue et de ses séquelles (…). Le 18 février 1982, il eut une attaque, et mourut à l’hôpital deux semaines plus tard.
(…) Philip K. Dick est l’auteur de scénarios (dont un épisode de la série télévisée Les Envahisseurs intitulé Warning: We Are Your Police qui a été rédigé vers janvier-février 1967, mais qui lui fut retourné), de pièces radiophoniques et de romans adaptés à l’écran.
Dick voulut se servir de la série comme variation du thème hautement dickien : Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’une chose est ce qu’elle prétend ou paraît être.
Blade Runner mit environ quatorze ans avant de voir le jour. En mars 1982, quelques mois avant la sortie du film de Ridley Scott, Philip K. Dick mourait des suites d’une hémorragie cérébrale, et il ne lui fut donc jamais donné de voir un film tiré d’une de ses oeuvres. Cependant, s’il ne fut pas associé au scénario (signé Hampton Francher et David Peoples), Dick eut le loisir d’en connaître les différentes étapes et, peu avant sa mort, il put voir quelques images, qui lui donnèrent apparemment toute satisfaction.
Malgré cela, les dickiens purs et durs crièrent au scandale lorsque le film sortit. Ridley Scott, avec son “esthétisme publicitaire” aurait, non pas “adapté” mais “trahi” l’oeuvre de Dick en la tirant vers le film noir futuriste alors qu’elle réclamait beaucoup plus de tact et de doigté.
Blade Runner est cependant tenu aujourd’hui par l’immense majorité des spectateurs pour l’un des films les plus importants et les plus novateurs de toute l’histoire du cinéma de science-fiction (…).
Total Recall, de Paul Verhoeven, est aussi inspiré d’un texte de Philip K. Dick. A l’origine de Total Recall, il y a une nouvelle intitulée We Can Remember it for you Wholesale traduite en français sous le titre De mémoire d’homme. On en retrouve d’assez convaincants vestiges dans les vingt premières minutes du film.
(Source : La vie de Philip K. Dick, Jeff Wagner, Foundation n°34, traduction dans Spécial Philip K. Dick, Science et Fiction, Denoël, 1986).
<B>Scénarios/adaptations</B>
A scanner darkly (2004)
Paycheck (2003)
Minority Report (2002)
Impostor (2002)
“Total Recall 2070” (1999) (TV Series)
Blade Runner (1997)
Screamers (1995)
Confessions d’un Barjo (1992)
Total Recall (1990)
Blade Runner (1982)
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