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Petites magouilles entre élus
Il ne fait pas bon être membre d?un conseil de districts par les temps qui courent. Les récentes arrestations survenues au conseil du Nord (voir hors-texte) sont venues ternir un peu plus l?image d?un regroupement régional trop souvent gangrené par la petite corruption. Une situation décriée par certains conseillers, qui font ressortir qu?ils ne sont pas tous véreux. L?Etat, qui s?efforce de lutter contre le gaspillage des deniers publics, semble impuissant à venir à bout d?un système hermétique très bien rodé.
Car au sein des conseils de districts, certains ont su tirer profit de la sacro-sainte autonomie de cette instance.
« Nombreux sont ceux qui viennent travailler dans les District Councils pour se faire de l?argent. » Un constat lapidaire fait par un ancien conseiller, qui confie avoir depuis pris ses distances de ce milieu. Car loin d?être une exception, les « magouilles » sont, estime-t-il, tout d?abord le fruit d?un manque total de contrôle. « Les conseillers ont mis en place un système qu?ils sont les seuls à gérer. Difficile pour un ?il extérieur de s?y retrouver et encore moins de repérer de quelconques abus », confie un ancien Committee Clerk.
Le business des étals se porte bien</B>
Aussi, un conseiller du Nord explique, pour sa part, que le poste de préposé aux achats serait l?un des plus convoités. « En l?absence d?un stock yard, il est quasi impossible de contrôler l?utilisation de matériels achetés par le conseil. Il arrive ainsi que des matériaux de construction, destinés au ré-asphaltage des routes se retrouvent chez le proche d?un conseiller qui entreprend des travaux de construction chez lui. De même pour les lampadaires », explique-t-il. Et sans parler des travaux fictifs, dont certains fonctionnaires véreux semblent s?être fait une spécialité.
Par ailleurs, le business des étals se porte on ne peut mieux. Chargés d?octroyer les permis d?opérations aux maraîchers, certains conseillers n?hésitent pas à réclamer de l?argent pour favoriser un candidat aux dépens d?un autre.
« Cette pratique est de plus en plus fréquente. Il n?y a qu?à voir le nombre de plaintes que nous recevons à ce sujet », explique un limier de l?Independent Commission against Corruption (ICAC). Les enquêtes, longues, n?aboutissent pas toujours.
D?aucuns font ressortir que les problèmes auxquels font face les conseils des districts trouvent également leur source dans le manque de formation et d?encadrement des gestionnaires eux-mêmes. Et de citer le cas d?un gangman qui s?est vu, quelques mois plus tard confier le poste de conseiller. Ce même trésorier sera suspendu peu après, soupçonné de malversations. « Nous avons sans cesse rabaissé les qualifications nécessaires pour accéder aux postes de responsabilité dans les conseils des districts. Il ne faut donc pas s?étonner de telles dérives », tempête un conseiller qui dit craindre que les regroupements régionaux perdent leur crédibilité auprès du public.
Corrompus et petites affaires
En privilégiant l?autonomie « absolue » des conseils des districts, l?Etat aura, sans le vouloir, permis à quelques corrompus de faire leurs petites affaires sans être inquiétés. « Nous payons aujourd?hui notre manque d?égard envers les villages et les District Councils », déplore, pour sa part, un ancien Committee Clerk, qui explique que l?Etat a « délaissé » ces instances pour se concentrer sur les villes et les municipalités.
« Contrairement à ce que pensent les politiques, la priorité n?est pas de mettre des municipalités partout. Ce qu?il faut avant tout, c?est revoir complètement la gestion des collectivités locales dans leur ensemble », ajoute-t-il. Un point de vue partagé par nombre de conseillers qui confient ne plus se retrouver dans ce regroupement régional censé ?uvrer pour le « bien-être » des villageois.
Conscients du procès qui leur est intenté, la grande majorité des membres des conseils de districts souhaitent que ceux trouvés coupables de corruption soient « éjectés » et poursuivis.
« Nous en avons marre d?être constamment pris pour des profiteurs et des voleurs. Si certains sont corrompus, que la justice fasse son travail et en fasse des exemples », soutient un conseiller du Sud de l?île.
« District Council » du Nord
D?autres conseillers entendus cette semaine
Le conseil des districts du Nord ne s?est pas encore tout à fait remis du séisme qui a eu raison de son président, Subiraj Daby, et de son Chief Executive, Sailendra Peerthum. Soupçonnés d?avoir utilisé leur position pour obtenir des avantages, ils ont été arrêtés et libérés sous caution le 18 juillet dernier. Deux entrepreneurs, soupçonnés de blanchiment, ont également été arrêtés dans le cadre de cette même affaire. D?autres conseillers devraient être entendus cette semaine par les enquêteurs.
Et pourtant, cette vague d?arrestations n?étonne personne au sein même du conseil des districts. « Ce qui est arrivé n?est guère étonnant lorsqu?on sait ce qui se passe à l?intérieur du conseil. Cette affaire, je vous l?assure, n?est que le sommet de l?iceberg », fait ressortir un conseiller du Nord, qui confie être très au fait de la situation.
Une enquête, initiée par l?Independent Commission against Corruption avait conclu que les travaux avaient été réalisés par des laboureurs du conseil des districts, alors que l?argent voté pour ces travaux avait été remis à Bhageeruth Boodhoo et à Vinod Pohonoo. Tous deux auraient obtenu une somme de Rs 100 000 pour des travaux qu?ils n?ont jamais réalisés.
Loin d?être une exception, ces pratiques concerneraient également d?autres projets fictifs, auxquels s?intéresse la commission anti-corruption.
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