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Peter White : le sucre est au bord du gouffre !

10 août 2004, 20:00

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Les quarts de siècle se suivent et se ressemblent, du moins en ce qui concerne l’industrie sucrière. En 1929, la situation n’est guère brillante, avec un cours en chute libre sur le marché mondial, prélude au grand krack d’octobre 1929. Aujourd’hui, les cheminées sucrières parlent avec effroi et tremblement de la réduction de 37% annoncée et programmée des prix préférentiels européens. Si en 1954, on n’aperçoit pas l’ombre d’un nuage, l’exception qui confirme la règle, la situation en 1979 est peut-être encore plus incertaine et confuse que celle prévalant aujourd’hui, à la différence près que les menaces extérieures de 2004 et des années à venir prennent la suite des menaces internes ayant cours il y a 25 ans.

Le président d’alors de la Chambre d’Agriculture, M. Peter White, entrevoit même la disparition de l’industrie sucrière locale à l’instar de celle des Antilles. Cette dernière est faillite en 1979 après avoir été une des plus florissantes au monde. Peter White refuse d’être un disque de gramophone répétant sans cesse que le sucre mauricien est au bord du gouffre. Chaque Mauricien doit être parfaitement au courant des risques pesant sur l’avenir de ce secteur. Le climat des relations industrielles se détériorent sans cesse depuis le début de l’année 1979. Les grèves illégales n’arrêtent pas de succéder aux mouvements de go-slow pour les raisons les plus frivoles qui soient. Quand le sucre marche correctement, c’est le port qui se met en grève et vice-versa. Les grèves perlées dans le port coûtent au pays des sommes énormes en devises étrangères et entraînent des augmentations du coût du fret au préjudice de la grande masse des consommateurs.

Pendant longtemps, le coût de la production mauricienne était cité en exemple. Il prend depuis l’ascenseur et atteint le double de celui des pays concurrents. Le principe de l’arbitrage n’est plus accepté par les parties concernées. Ces arrêts de travail intempestifs ont des conséquences en cascades. En 1979, les pertes sont estimées à Rs 90 millions. Il s’agira de la troisième année déficitaire consécutive. Les revendications syndicales concernant la semaine de 40 heures et un boni de fin d’année de 3,3 mois coûteront Rs 250 millions additionnelles. Les dernières largesses gouvernementales imposent un fardeau additionnel de Rs 35 millions à une année déjà déficitaire. La vente à perte du sucre sur le marché local coûte annuellement Rs 75 millions au secteur.

Bonanza et boom sont choses du passé. Les prix sur le marché mondial ont chuté de £ 600 la tonne à £ 100 la tonne en 1979, pour un coût de production de £ 210 la tonne. Le sucre rapportera en 1979 entre Rs 125 et Rs 150 de moins par tonne qu’en 1978.

Chaque semaine de grève coûte Rs 15 millions. De nombreux champs de cannes, appartenant à des petits planteurs, sont détruits par des incendies criminels. On estime à 35 000 tonnes de cannes la perte due à ces incendies.

Paul Bérenger rencontre Seewoosagur Ramgoolam pour lui rappeler les raisons qui poussent le GWF à décréter une grève générale. Il ne sait pas si les syndicalistes pourront attendre jusqu’au mardi 14 août une éventuelle décision de l’Assemblée législative. Un meeting est prévu dimanche sur la place du Quai. Une pétition circule réclamant une réunion de toute urgence de l’Assemblée législative.

La PWU demande à la police de garantir la sécurité des coupeurs de cannes. Ses dirigeants signalent de nombreux cas où ses membres n’ont pu se rendre au travail parce qu’ils ont fait l’objet d’actes d’intimidation. Ils rappellent que la CRI a déjà rejeté la demande de reconnaissance syndicale faite par l’UASI.

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