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Personnalités historiques : entre ombre et lumière
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Personnalités historiques : entre ombre et lumière
James Burty David ayant demandé que la statue d?Adrien d?Épinay soit enlevée du jardin de la Compagnie, de nombreuses voix se sont élevées contre. Tous les grands personnages traînent des casseroles, estiment des historiens.
Sur un kilomètre carré, entre la place d?Armes et le jardin de la Compagnie, nos prédécesseurs et contemporains ont voulu honorer plusieurs personnages historiques en leur érigeant des statues. On relève ainsi des statues de la reine Victoria, de sir William Newton, de sir John Pope-Hennessy, de Mahé de La Bourdonnais, entre autres. Et la statue d?Adrien d?Épinay.
Le ministre des Administrations régionales, James Burty David, persiste et signe : la statue d?Adrien d?Épinay doit non seulement être enlevée, mais détruite. D?Épinay, selon le ministre, a été un défenseur des esclavagistes et a milité pour leur compensation financière des autorités coloniales.
Les historiens George Easton et Jocelyn Chan Low défendent le principe selon lequel ce n?est pas aux politiques de se mettre à écrire l?histoire. « Chez chacun de nos personnages historiques, l?on retrouve des éléments qui nous paraissent aujourd?hui plus que discutables. Mais, l?on doit toujours replacer l?action de ces personnes dans leur contexte », affirme Easton.
« Le débat vient de revenir en France et un consensus a rapidement été trouvé : ce n?est pas aux politiques d?écrire l?histoire », rappelle George Easton. Comme Chan Low, Easton fustige le risque qu?un « démagogue vienne utiliser l?histoire comme un tribunal ». Les historiens estiment que « chez tous les acteurs de notre histoire, tout n?est jamais soit blanc, soit noir. C?est toujors un mélange. »
La place d?Armes abrite des statues de personnages « controversables ». Ainsi, la reine Victoria trône devant l?hôtel du gouvernement. Personnage controversé, Victoria (1819-1901) a été reine de Grande-Bretagne et d?Irlande de 1837 à 1901. Elle est connue pour avoir redonné à la Couronne britannique dignité et prestige.
Sous son règne, la Grande-Bretagne connaît son apogée au niveau économique et politique. Victoria a également été un témoin privilégié, sinon un complice actif des pires atrocités causées par le colonialisme britannique : répressions sanglantes des rebellions québéquoises et conquête sanglante des Indes. La statue de la reine Victoria devant l?hôtel du gouvernement a été dévoilée le 9 août 1902. Au début des années 70, le Mouvement militant mauricien avait vainement tenté de faire enlever la statue de Victoria.
Deux autres personnages ayant marqué l?histoire de l?île sont également représentés en statue à la place d?Armes : Sir William Newton et Mahé de La Bourdonnais.
Le Mauricien William Newton (1842-1915) a été reçu avocat à Londres en 1863. Considéré comme un avocat génial par ses pairs, il devait, alors qu?il était un abolitionniste convaincu, être le seul à accepter de prendre la défense, au tribunal, de l?extrémiste raciste Lavoqueur, accusé d?avoir giflé de Plevitz, un ardent défenseur de la cause des opprimés. Ce que plusieurs de ses détracteurs devaient lui reprocher, même si certains se montrent indulgent à l?égard de cette « erreur de jeunesse ». Élu député de la capitale en avril 1889, il fut battu aux élections de 1911. Sa statue fut inaugurée sur la place d?Armes en septembre 1922.
« Tout a été dit sur La Bourdonnais », avance Easton. Avant d?ajouter que ce « génie » a néanmoins importé des esclaves dans l?île pour combattre les marrons. Ce que beaucoup semblent aujourd?hui oublier.
« Il ne faut pas porter des jugements intempestifs sur ces personnages. Si dans 500 ans, par exemple, les végétaristes purs et durs arrivaient à imposer leur point de vue, nos descendants vont nous considérer, nous mangeurs de chair, comme des sauvages », conclut Easton.
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