Publicité

Percy Mistry : «Attention au retour vers l?économie des années 80»

16 septembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Attention danger. Percy Mistry, ancien consultant de la Banque mondiale qui a beaucoup travaillé sur le dossier Maurice, et président d?Oxford International Group, est le dernier analyste en date à tirer la sonnette d?alarme face à la situation économique. Dans une interview publiée hier par l?hebdomadaire Mauritius Times, Percy Mistry exprime son pessimisme sur l?avenir économique du pays.

Maurice, dit-il, court vers la crise financière et économique vers 2007-2008 au plus tard. Et les décideurs économiques du privé et du public, semblent ne pas équipés pour y faire face, dit-il.

Percy Mistry a animé trois jours de brainstorming avec le National Productivity and Competitiveness Council pour dégager les futurs axes de développement du pays. Selon lui, une croissance en déclin couplée au maintien des protections sociales mènent à un double déficit. Le déficit fiscal et celui du compte courant se détériorent très vite et nous rapprochent dangereusement des niveaux des années noires de 1980 et 1982, argue Percy Mistry. Le déficit budgétaire atteint la barre de 6,5 % en 2005-2006 contre 8,1 % en 1982. La dette publique atteint 61 % du PIB comparé à 70,2 % en 1982, note-t-il.

Il explique que la marge de man?uvre du gouvernement est extrêmement limitée pour réduire le double déficit et ramener la croissance à 6 % par an. L?Etat n?a pas de réserves internationales, encore moins de ressources financières locales, pas de marge pour induire l?investissement à travers une réduction de la pression fiscale ni de possibilité de réduire les dépenses à cause de ses promesses politiques.

Le gouvernement dépend entièrement de l?investissement privé pour relancer l?économie. «La réelle question est de savoir si le secteur privé a les ressources, le savoir-faire, l?imagination, l?énergie entrepreneuriale et la volonté d?accroître l?investissement privé domestique pour le faire passer de 14 % du PIB actuellement à 22 ou 25 % ?» se demande Percy Mistry.

Il ajoute que Maurice doit attirer davantage de capitaux étrangers. Il se dit pour une simplification des régimes d?incitations pour attirer l?investissement. «Pourquoi ne pas abolir ces incitations et appliquer un régime fiscal allégé pour tous ?» avance-t-il.

S?agissant du Board of Investment et de la Financial Services Promotion Agency et du projet de revoir leur fonctionnement, Percy Mistry se montre catégorique : «Pourquoi ne pas tout simplement fermer ces deux institutions ?»

L?analyste estime que Maurice n?est plus compétitive dans la production et doit se tourner vers les services. L?évolution du commerce mondial font que Maurice n?a aucun avenir dans la manufacture. Les Tic, le tourisme, les services financiers, la santé et l?éducation sont autant de créneaux à explorer. Pour Percy Mistry, Maurice a de meilleurs atouts pour valoriser son patrimoine foncier et attirer des «high net worth individuals» que Dubayy qui a connu une croissance phénoménale en 15 ans.

Publicité