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Peloton d’exécution pour un singe
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Peloton d’exécution pour un singe
De grosses larmes coulent sur les joues de Maudeline Olivier, 42 ans. C’est à grand-peine qu’elle tente de dissimuler son chagrin.
Lundi, la mort dans l’âme, la femme de ménage s’est rendue au poste de police d’Abercrombie, réclamant que son singe Jumbo soit abattu. « Pour avoir la paix de l’esprit » se lamente-t-elle.
La veille, à Cité La Cure, l’animal s’en est pris à un enfant de 7 ans qui l’avait frappé avec une planche surmontée d’un objet métallique. « Sak fwa li vinn fatig sa zako la, mone fatige dir li pa fer sa », sanglote Maudeline.
Mais l’enfant pensait sans doute que le singe, attaché avec une grosse laisse, ne pourrait jamais l’atteindre. Traver-sant la cour d’une voisine, à une centaine de mètres du domicile de ses parents, il est revenu à la charge. Mais c’était mal connaître le singe. L’animal lui a alors sauté dessus, le mordant aux bras et au dos. « Enn sans monn sorti deor sa ler la, pa kone ki ti kapav arive. »
<B>Elle préfère sacrifier son animal</B>
Pourtant, Jumbo n’avait rien d’un animal féroce. Maudeline l’élève depuis qu’il est petit. Il y a cinq ans, elle a trouvé l’animal à Chamarel, a eu pitié de lui et l’a nourri au biberon. « Mo tinn soign li kouma mo piti », sanglote-t-elle.
Cela doit bien faire trois ans que Maudeline s’est installée sur ces terres de l’État avec d’autres squatters, et elle n’avait jamais eu de problèmes avec l’animal. D’ailleurs, elle a un petit-fils d’à peine deux ans qui joue dans la petite cour, sans être inquiété par Jumbo. « Piti la an tor, line vinn am… zanimo la », lâche laconiquement une voisine. Et pour ne pas envenimer la situation avec la famille de la victime, Maudeline a préféré sacrifier son animal. « Bann radio finn fer tro propagann », soupire-t-elle.
Maudeline aurait préféré faire « endormir » Jumbo, mais aucune association de défense des animaux n’est venue de l’avant, même pour relâcher le singe dans la nature…
C’est donc mardi matin qu’elle a pris Jumbo dans ses bras pour son dernier voyage. Au pied de la montagne de Cité La Cure, elle l’a déposé à terre, attendant qu’un officier d’une section de la Special Support Unit (SSU) l’abatte d’un coup de fusil.
Mais en fin de compte, Maudeline aurait dû se séparer de son singe car d’après la loi, il est interdit, sans permis, d’élever un tel animal. La famille de l’enfant agressé a, quant à elle, retiré la plainte contre la maîtresse éplorée de Jumbo.
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