Publicité
Pavel le cannibale !
En Roumanie, Andrei Pavel est une star, une immense star. Au baromètre de la popularité, il n?a certes pas encore dépassé le fantasque Georghe Hagi, le footballeur qui savait tout faire, celui qu?on surnommait le Maradona des Carpates. Mais, dans la course aux étoiles, Pavel aura l?occasion, d?ici la fin de sa carrière, de revenir à distance respectable de Georghe Hagi.
Il a, en tout cas, déjà dépassé dans les sondages l?inimitable Ilie Nastase, l?ancien amant de Roland-Garros, l?inspirateur de Pavel, mais qui souffre aujourd?hui d?appartenir à une génération trop vieille pour la jeune garde branchée de Bucarest.
C?est que les Roumains aiment leur beau Andreï. Son effigie orne souvent la chambre des ados, coincée entre les posters du Steaua Bucarhest, le club le plus populaire du pays bien qu?ayant été jadis dirigé par le fils de l?ignoble dictateur Nicolai Ceaucescu, et de la sélection nationale roumaine, dont le jaune insolent avait bien failli conquérir le monde aux States en juillet 1994.
La Roumanie aime Pavel et Pavel le lui rend bien. Il en est d?ailleurs, valeur actuelle, le plus digne ambassadeur. Au-delà de toute considération sportive, il a surtout une personnalité incommensurable. Pavel est en effet un showman, un amuseur de galerie, un peu comme l?était jadis Nastase. Et la presse aime ça. Du coup, on voit du Pavel à toutes les sauces dans toutes les médias. Et puis, sur les courts, le tennisman roumain se fait de moins en moins discret. Métronome des temps modernes, son jeu est en effet savoureux.
Comment dès lors s?étonner que la presse roumaine, à commencer par Dimineata, ne se fasse pas, ce matin, le généreux écho de ce qui s?est passé hier soir, 30 000 kilomètres plus au Sud, sur le rebound ace de notre Petit-Camp à nous.
Car hier, à Trianon, Andrei Pavel est entré dans le coeur des Mauriciens en devenant, avec un style inimitable, le premier lauréat d?un Mauritius Open qui restera dans l?histoire grâce aux bons soins de Kamil Patel.
Hyung-Taik Lee impuissant devant Pavel
Un succès incontestable et incontesté. Un succès presque trop facile à vrai dire, acquis en deux sets secs et moins d?une heure face au 65e mondial, le Sud-Coréen Hyung-Taik Lee, dont le courage et la science ont été broyés par Pavel le gourmand, Pavel l?irrésistible, Pavel le cannibale. Le score est impressionnant : 6-3, 6-1.
Hyung-Taik Lee, malgré toute sa détermination, n?a donc pas fait mieux que ceux qui avaient osé croiser la route du Roumain un peu plus tôt dans le tournoi : le Belge Olivier Rochus en huitième, le Français Jérôme Haenel en quarts, l?Autrichien Stefan Koubek en demi. Tous avaient abandonné leurs prétentions au bout de quelques jeux, la faute à un adversaire dont le revers est en tous points impeccable, qui prend la balle très tôt, qui sait si bien déborder son vis-à-vis.
Pourtant, hier soir, avant que ne débute cette finale, ils étaient nombreux dans les tribunes pleines de Petit-Camp à penser que Lee ne serait pas une victime expiatoire. N?est-ce pas ce même Hyung-Taik Lee, dauphin du Thailandais Paradorn Schrichapan sur la scène asiatique, qui avait poussé il y a quelques mois ce même Pavel dans ses derniers retranchements au deuxième tour de l?US Open ? Le Roumain s?était finalement imposé 6-4 au cinquième set, mais Lee, ce jour-là, avait été sublime. N?est-ce pas ce même Lee qui, par ailleurs, avait fait tomber les monstres sacrés que sont Juan Carlos Ferrero et Andy Roddick à Sydney ?
Oui, c?était lui en chair et en os. ?Mais, hier, contre Andrei Pavel, il ne pouvait strictement rien. Il est vraiment tombé contre plus fort que lui?, analyse Kamil Patel, étonné par la nette montée en puissance du Roumain, lequel a breaké son adversaire au moment opportun, notamment dans le troisième jeu du premier set et le premier jeu du second set. ?Andrei Pavel, en réalité, est impressionnant. Il a été parfait en finale. Son jeu était confortable. Il n?a pas fait d?erreur. Il n?y a rien à dire?.
Il n?y a rien à dire si ce n?est qu?on a hâte de le revoir en 2005.
Publicité
Publicité
Les plus récents