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Paul et Virginie immortalisés en bronze

20 décembre 2005, 00:00

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Avec une pierre pour socle et des bambous de Chine à l?arrière plan, Paul et Virginie ont élu domicile à Pamplemousses. Les amoureux légendaires de l?écrivain français Henri Bernardin de St Pierre sont désormais immortalisés en bronze. Cette statue, dévoilée hier après-midi, dans la cour de l?église de St-François d?Assise, est l??uvre de l?artiste hongroise Suzanna Szemök.

En bronze clair, elle représente Paul, en chemise et en pantalon retroussé, assis tout près de Virginie qu?il couve d?un regard intense. Sa main touche presque celles de la jeune fille. Cette dernière, qui semble toute ouïe, conserve les yeux baissés et tient délicatement un nid d?oiseau.

L?idée de cette statue vient du père Henri Souchon, curé de l?Immaculée- Conception, maître d??uvre de la restauration de ladite église. ?A l?adolescence, j?ai lu avec fascination cette ?uvre de Bernardin de St Pierre où il est notamment question de transférer le corps de Virginie de la ville à l?église des Pamplemousses. Lors de la rénovation de l?église il y a deux ans, cela m?est revenu en tête et j?en ai parlé à un ami qui m?est très cher?, explique le curé.

Cet ami qui veut garder l?anonymat, a alors commandé la statue à Suzanna Szemök qui vient à Maurice depuis maintenant 18 ans. L?artiste s?est plongée dans la lecture du roman, a examiné des illustrations du couple mythique et s?est promenée dans les jardins de l?église en quête du lieu où poser sa statue encore imaginaire. Elle a ensuite sculpté son moule qui a été expédié en Hongrie et coulé dans du bronze avant d?être réexpédié jusqu?à Maurice par avion, le tout aux frais de l?ami du père Souchon.

Lors du dévoilement de la statue, l?historien et journaliste Yvan Martial a félicité l?artiste pour son ?immense travail? et a rappelé qu?elle n?en est pas à sa première ?uvre à Maurice. Suzanna Szemök a aussi réalisé la sculpture en pierre représentant la Vierge et l?Enfant de l?église de Trou-d?Eau-Douce, de même que le Calvaire s?y trouvant. Yvan Martial a souhaité que ce bronze devienne aussi célèbre que l?oeuvre de Prosper d?Epinay qui se trouve dans la cour de l?Hôtel de ville de Curepipe. Le dévoilement a été effectué par quatre personnes, dont Natasha Adam, petite fille de Jean-Paul Adam, directeur de la General Construction, qui s?est chargée des travaux de restauration de l?église St-François d?Assise.

Le plus heureux des hommes hier était, sans conteste, le père Souchon. ?Devant tant de laisser-aller et de papiers gras, ce bijou qui fleurit à côté de ce Jardin de Pamplemousses est une vue merveilleuse?. Il établit d?ailleurs un parallèle entre les deux lieux : ?Comparez l?entretien de l?église et de sa cour au Jardin de Pamplemousses. Si on ne fait pas attention, il n?y aura plus de différence entre le Jardin de Pamplemousses et le marché de Port-Louis.? Pour le curé Souchon, l?église et sa cour constituent un lieu de mémoire. ?De la même façon que les guides faisant visiter Paris font halte à Notre-Dame, je souhaite que les guides faisant visiter le Jardin de Pamplemousses emmènent les touristes à l?église?.

Et pour remettre au goût du jour l??uvre de Bernardin de St Pierre, le père Souchon compte convier à l?église en février prochain les élèves de Form VI qui étudient le français, de même que les élèves des lycées français pour une revue de ?Paul et Virginie?. Le message intemporel du père Souchon est qu?il faut cultiver la beauté pour ce qu?elle est. ?Elle ne paie pas, n?est pas pratique mais est idéaliste. Je demande à ceux qui ne croient ni en Dieu, ni au diable d?avoir la culture de la beauté car elle élève l?âme?. A bon entendeur?

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