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Paul Bérenger prépare sa riposte contre Raju Mohit
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Paul Bérenger prépare sa riposte contre Raju Mohit
La défense s?organise dans le camp du leader du Mouvement militant mauricien (MMM) Paul Bérenger, à la suite du verdict du Conseil privé. Cette instance a donné gain de cause à Raju Mohit. Elle l?a autorisé à contester la décision du Directeur des poursuites publiques (DPP). Ce dernier avait ordonné un nolle prosequi dans une private prosecution que Raju Mohit avait intentée à Paul Bérenger pour avoir ?hébergé? (harbouring criminal) Toorab Bissessur, membre de l?escadron de la mort.
Le leader du MMM a rencontré hier ses hommes de loi, Mes Ivan Collendavelloo et Veda Baloomoody, pour préparer un affidavit. Bien qu?il reste à déterminer la nature de l?action à porter en cour, deux possibilités ont été évoquées au cours de cette rencontre. La première : une plainte au civil pour réclamer des dommages et intérêts à Raju Mohit. La deuxième : une private prosecution contre celui-ci pour dénonciation fausse et malicieuse.
Avant de pouvoir poursuivre Paul Bérenger, Raju Mohit doit maintenant convaincre la Cour suprême de la non-validité du nolle prosequi proclamé par le DPP. Ce n?est que si la Cour suprême décide de révoquer ce nolle prosequi, que Raju Mohit pourra entrer une action pour poursuivre Paul Bérenger.
Les premiers éléments à verser à l?affidavit de Paul Bérenger sur l?assistance accordée à Toorab Bissessur sont les suivants : le 26 octobre 1996, une fusillade a lieu à la rue Gorah-Issac et fait trois morts. Quatre jours plus tard, le 30 octobre, Premduth Gooljar, alors commissaire de police par intérim, fait état de forts soupçons quant à l?existence d?un escadron de la mort et déclare que la police commence à y voir clair dans cette affaire. Le 3 novembre 1996, dans un entretien à la presse, Paul Bérenger, alors vice-Premier ministre, abonde dans le même sens et déclare qu?il y a quelque chose de bien organisée derrière. Le 23 novembre, un désaccord survient sur l?enquête policière entre lui et Navin Ramgoolam (Premier ministre d?alors).
Une certaine méfiance
Début 1997, Mahmad Toorab Bissessur rencontre Paul Bérenger. Il déclare qu?il est prêt à parler de l?escadron de la mort, mais pas ici (à Maurice) parce que sa famille et lui-même seront en danger. Navin Ramgoolam en est informé. Bissessur va voir le président d?alors Cassam Uteem. Les deux expriment une certaine méfiance vis-à-vis de Toorab Bissessur de par ses antécédents. Ils craignent que Bissessur, veuille leur soutirer de l?argent.
Quant à Paul Bérenger il a ?estimé que c?était mon devoir de lui accorder cette chance de parler ?. C?est ainsi qu?il est convenu qu?un policier fasse le déplacement à Madagascar pour recueillir la version de Bissessur. Au cours des discussions avec Navin Ramgoolam, Bérenger suggère fortement que cette mission soit confiée à Premduth Gooljar. Ramgoolam et Bushan Nandee, security adviser, décideront finalement d?envoyer Dev Jokhoo.
Bissessur, dit Bérenger, l?a appelé depuis Madagascar le 10 août 1997. Neuf jours plus tard, Bérenger envoie un fax à Bissessur disant : ?PM slow to react, please do not lose faith.? Bissessur téléphone à Bérenger. Ce dernier déclare que ce gouvernement a peur et lui demande de revenir à Maurice. Chose que Bissessur fera. Le 22 décembre 1997, il rend visite à Bérenger chez lui. Il déclare vouloir toujours parler de l?escadron de la mort. Paul Bérenger téléphone à Dan Bhima, alors junior minister, et lui déclare :?Piti la oule coze bizin resevwar li foutour.? C?est ce qu?a rapporté Bissessur à la police.
Mais il ne se passe rien. Ce n?est que trois ans plus tard, le 22 novembre 2000 que l?affaire est relancée par une importante saisie d?armes à feu à la résidence de Khadafi Oozeer à Plaine-Verte. On découvre que Toorab Bissessur y est impliqué.
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