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Passé recomposé
On ne peut parler du mariage reggae/maloya sans parler de Baster. Formation phare à la Réunion depuis plus de 25 ans, le combo de Thierry Gauliris qui s?est déjà produit chez nous, donne un nouveau sens à son groupe et à sa convergence musicale avec un disque collection. Des textes engagés, contestataires, intemporels qui commentent l?actualité, caractérisant l?esprit de révolutionnaire culturel de Baster.
Baster comme d?antan. Une couleur roots saveur réunionnaise. La bande à Thierry Gauliris recompose son passé musical avec un album souvenir qui annonce le début d?un autre chapitre d?accords du groupe de Saint-Pierre (la Réunion). Baster a déjà commencé les scènes réunionnaises en attendant une tournée en France en octobre.
Si la musique de Baster résonne reggae, elle reste enclaver dans la racine du maloya tout en associant d?autres sonorités pour un vrai métissage musical. « Dans la base de notre musique nous essayons de rester dans le sega maloya, avec l?apport d?autres instruments qui donnent une ouverture internationale,» souligne Thierry. Certes, confirme le chanteur, autour de cette musicalité, le reggae y trouve une place prépondérante. «Bob Marley est un artiste engagé et sa musique me parle.»
Ce présent disque avec des chansons qui racontent le passé de Baster est dans une certaine manière «une demande du public». Des chapelets de chansons sollicitées, le combo de Basse Terre en récolte une quinzaine pour marquer la transition d?une nouvelle ère musicale. «Le choix a été difficile mais on répond là à une attente d?une audience qui est restée dans les années 90, dit Thierry. On a retravaillé les chansons avec l?apport de cuivre et des solos de guitare acoustique. C?est assez cru et roots ce son, c?est Baster letan lontan». Les titres ont été sensiblement modifiés, la musique travaillée avec des arrangements où la basse ronfle pour réveiller les esprits et le rythme enveloppe la voix. Le futur de Baster s?écrira sur la feuille à musique d?un son plus roots.
Le combo de Saint-Pierre c?est un ensemble de musiciens percutant autour d?une voix, Thierry Gauliris. L?ancien photographe de presse devenu chanteur fait sa première scène à 16 ans. C?était à l?époque des prémices du mouvement Baster. Un nom inspiré de Basse Terre, quartier agricole de Saint-Pierre, la région mère du groupe. C?est Gilbert Pounia, leader de Ziskakan, séduit par l?enthousiasme des jeunes membres de Baster, qui propose au groupe d?enregistrer leurs créations sur ce qui allait être la première cassette du groupe Mouvman Kiltirel Basse-Terre. Baster voit ainsi le jour. Au fil des albums coup de poings et des critiques dithyrambiques, il s?impose comme la référence reggae/maloya chez notre voisine.
Baster c?est aussi une affaire de production musicale. Avec Baster Prod en opération depuis dix ans, le groupe a produit quelques artistes réunionnais «malgré le problème de la vente du disque qui affecte le marché mondial de la musique». Sur ce point, il observe qu?on est en train de muter dans la façon d?écouter la musique. Le mode de consommation a changé et on va plus vers le numérique et le digital.
Stephan JAUFFRET-REZANNAH
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