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Pas si bêtes?
Ils ne sont pourtant pas bêtes. Certains sont même de grandes intelligences. Capables d?une argumentation fort riche et sensée. Pourtant. Un micro, quelques dizaines d?excités... et ils dégringolent dans les abîmes de la grossièreté. On les espérait autrement à la radio en pensant que la plate-forme commanderait plus de retenue. Rien encore. Le débat patine dans les méandres de la bêtise.
Acculés par les revendications communautaires et sectorielles, celles de tous groupes ethniques et de toutes catégories socioprofessionnelles confondues, les partis politiques sont pris en otages. Alors ils lancent la course à la promesse. Navin Ramgoolam a largement dépassé son quota de dix mesures exceptionnelles. A chaque fois qu?il prend la parole, c?est pour faire monter la fièvre. Pravind Jugnauth, lui, distribue des actions. De l?électoralisme pur et dur, qui nous éloigne chaque fois un peu plus d?une élection exemplaire.
Les revendications, les politiques les provoquent ailleurs également. Celles de ces innombrables aspirants candidats qui composent la longue file d?attente devant les demeures des leaders de partis. Celles surtout de ces intellectuels et professionnels qui soumettent l?adhésion politique à la reproduction des traditions familiales, une forme de fanatisme qu?on ne reconnaîtra pas bien sûr.
Il faut les appeler par leur nom : des paillassons qui ne servent qu?à s?essuyer les pieds avant d?entrer dans la grande messe des conservateurs qui ont décrété qu?une question sociale devait forcément avoir une coloration ethnique. Ce sont, et ils l?ont toujours été, les grands gourous de la politique de proximité. Ils ont leur entrée dans le cercle hermétique, hautement élitiste et réservé des associations socioculturelles. Là où le sermon au nom du racisme passe pour un discours de revendication et de réparation des injustices passées. Ce sont ces chaînes qui lient les leaders des partis à des conceptions surannées de la politique. Mais pourquoi donc la ligne de communication, que les leaders ont établie, ne pourrait-elle pas comprendre aussi l?élimination de la scène politique de ces fieffés zélateurs qui excitent les bas instincts d?une partie de l?électorat ?!
Les leaders, qui ne sont pourtant pas bêtes, se livrent ainsi pieds et poings liés à ces politiques qui se croient toujours à l?âge de l?endoctrinement qui se nourrit de la haine de l?autre. Ceux-là n?ont plus leur place dans une île Maurice moderne. Il est temps d?en finir. Il est temps de grandir. Le sectarisme a déjà atteint son apogée. Au-delà de cela, il n?y a que l?explosion et un retour dramatique en arrière. Ils ne sont pas bêtes, vous dis-je, mais ni Bérenger ni Ramgoolam ne l?ont encore compris.
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