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Pas le droit à l?erreur
Une passion, ça ne s?explique pas. Elle se vit. C?est le cas de le dire pour Rajindraparsad Seechurn (Pritam) un habitant de Martinière, qui, à chaque fois, raconte les parties de football qu?il faisait en compagnie de ses amis d?enfance, dans la cité Paul et Virginie, Beau-Plan, sur un terrain vague, constellé de crottes de chiens, qui se trouvait à proximité d?un lavoir.
A force de persévérer dans le domaine sportif, les efforts de Pritam ont fini par porter leurs fruits. Il a été élu à l?unanimité par le comité des arbitres de la Mauritius Football Association (MFA). Cela après avoir, en plusieurs occasions, lancé en l?air la pièce de monnaie pour le pile ou face du coup d?envoi des équipes sur un terrain de foot.
?Le football n?est pas une science exacte. C?est une discipline qui évolue chaque jour. Ce qui m?amène à dire que j?ai encore beaucoup de chemin à faire pour maîtriser la technique de cette discipline?, dit-il humblement.
L?homme en noir, symbole de la fatalité pour les uns et de la Providence pour d?autres, est trop souvent pris pour cible sur le stade. Habitué aux cris, aux vociférations et aux injures des spectateurs, surtout lorsque l?une des deux équipes bénéficie d?un penalty, Pritam ne s?est jamais rétracté devant les joueurs qui gesticulent ou qui s?arrachent les cheveux en signe de protestation. ?Je ne fais aucune concession sur le terrain car je sais ce qui peut en découler si je change d?avis, ne serait-ce qu?une fraction de seconde?, explique cet officier de police.
Mais qu?en est-il, lorsqu?il est sollicité pour arbitrer des rencontres disputées au niveau régional sur les terrains de football non clôturés. ?Là, c?est une autre paire de manches. Il faut agir avec beaucoup de doigté pour gérer cette atmosphère chargée d?électricité et qui, parfois, peut échapper au contrôle des organisateurs?, ajoute l?homme en noir.
Mais avec les techniques et le soutien de ses collègue et du sergent Gangabissoon, qui l?avait encouragé en 1990 à prendre le chemin du Réduit pour des cours d?arbitrage, Pritam a fini par apprendre les hauts et les bas du métier. ?J?avais le tract au début, mais j?ai fini par m?y habituer?, dit Pritam.
Emotion
Et parmi ceux qui ont beaucoup marqué sa carrière, il cite Lim Kee Cheong et Danraj Rama, l?actuel secrétaire du comité d?arbitrage. Grâce à eux, l?habitant de Martinière, père d?un enfant, Rohen, âgé de quatre ans, a pu fouler plusieurs stades pour arbitrer des rencontres internationales.
Quelle image retient le plus Pritam des moments passés sur les stades ? Il avait mis le cap sur la Zambie pour son premier match international. La Zambie rencontrait une équipe du Rwanda. ?Le stade était rempli comme un ?uf. Je sentais que tous les yeux étaient braqués sur moi. Je me disais que je n?avais pas droit à l?erreur. Mo la gorge monté desanne?, se rappelle-t-il dans un grand éclat de rire.
Quelques années plus tard, conscient que Pritam a acquis suffisamment de maturité pour l?accompagner dans une de ses tournées au niveau international, Alain Lim Kee Cheong l?emmène en Côte-d?Ivoire comme quatrième arbitre international. C?était le match comptant pour l?élimination de la coupe du monde 2006.
Outre ces deux pays, Pritam a aussi côtoyé ses pairs en France, en Tunisie et en Afrique du Sud.
Sa dernière expérience sur le plan international : il y a dix jours, s?est envolé vers l?Afrique du Sud où il a suivi des cours d?arbitrage.
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