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Pas d’excuses de Raddhoa à Mohamed

3 octobre 2005, 20:00

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Prem Raddhoa, nouveau responsable de la Major Crime Investigation Team (MCIT), n’a pas encore présenté d’excuses à l’avocat Yousuf Mohamed, Senior Counsel. Celui-ci maintient donc sa réclamation de Rs 10 millions par voie de mise en demeure faite vendredi au policier. Me Mohamed engagera un procès pour dommages et préjudices de même montant contre Prem Raddhoa au cas où la situation demeurerait inchangée.

Me Yousuf Mohamed relate les origines de ce conflit. Une jeune femme de 36 ans, Ooma Ujoodha, demandait le divorce en 2002. Son époux Choondramanee avait signifié son intention d’y résister et une audience était fixée en Cour suprême pour le 7 mai. Mais la jeune femme devait disparaître avant cette audience. Plus de trois ans plus tard, le jeudi 22 septembre, Choondramanee est finalement arrêté, de même que sa concubine, sous une accusation provisoire de meurtre. Dès l’arrestation, la famille de Choondramanee retenait les services de l’avocat Yousuf Mohamed.

“Confessions forcées”

Dans sa mise en demeure, l’avocat explique que son client l’informe, au cours d’une visite au poste de police de Curepipe le samedi 24 septembre, qu’il a été battu par les hommes du surintendant Prem Raddhoa pour “confesser qu’il a tué son épouse”. Selon Me Mohamed, son client présentait bien des contusions à l’œil gauche et au dos, et souhaitait porter plainte pour agression.

L’avocat dit qu’il s’est alors rendu au bureau du surintendant pour l’informer de l’intention de son client de porter plainte pour agression. Selon Me Mohamed, le policier aurait alors admis avoir battu le suspect, avec le concours d’officiers sous sa supervision. Mais il aurait demandé à l’avocat de convaincre son client de ne pas porter plainte. En retour, il allait le relâcher.

Me Mohamed dit avoir évoqué ces incidents avec le commissaire de police Ramanooj Gopalsingh lequel lui aurait cependant répondu que Raddhoa ne tombe pas sous sa responsabilité (does not report to him) mais qu’il communique avec le Premier ministre. Le commissaire lui a demandé d’en parler au Premier ministre lui-même.

Toujours selon les termes de la mise en demeure de Me Mohamed, il reçoit un appel téléphonique du surintendant Raddhoa le 28 septembre 2005, alors que son fils Zakir et lui étaient en route pour rencontrer Choondramanee au poste de police de Curepipe. Raddhoa lui aurait dit : “Mo tande ou pe all guette Premier ministre pou rapporte moi, mo pe fer aine l’enquête cote ou avec ou garson implique dans ene attentat lor la vie Premier ministre”, avant de raccrocher.

L’avocat a porté plainte au poste de police de Curepipe et en a informé le Premier ministre qui aurait promis de s’occuper de cette affaire (look into the matter). Me Mohamed estime que le surintendant Raddhoa a commis une “faute” en insinuant que son fils et lui ont tenté d’abattre le Premier ministre. D’où sa réclamation de dommages de Rs 10 millions rédigée par son avoué Me Jaykar Gujadhur. Cette faute, dit-il, lui porte préjudice à son fils, à sa famille et à lui-même.

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